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Repérage précoce du handicap : trois parcours jusqu’à 20 ans

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Repérage précoce du handicap : trois parcours jusqu’à 20 ans

Le repérage précoce du handicap franchit une nouvelle étape : le ministère chargé du handicap a annoncé, le 16 juin 2026, le déploiement d’un service unifié de repérage, de diagnostic et d’intervention précoce couvrant les jeunes jusqu’à 20 ans. Organisé autour de trois parcours complémentaires intégrés dans une offre globale, il complète le dispositif existant des plateformes de coordination et d’orientation (PCO) et crée une réponse inédite pour le polyhandicap. Voici ce qui change pour les CMPP, CAMSP, MDPH et équipes médico-sociales.

Les faits : trois parcours coordonnés de 0 à 20 ans

L’annonce, détaillée sur le site du ministère chargé du handicap (déploiement du service de repérage, de diagnostic et d’intervention précoce), réunit trois briques. La première est un nouveau parcours pour organiser le repérage, le diagnostic et les interventions précoces des enfants de moins de 7 ans, quel que soit le trouble. Voir aussi qui fait quoi dans le dispositif TND. La deuxième s’appuie sur un parcours déjà existant de repérage, de diagnostic et d’intervention précoce du handicap dédié aux enfants de moins de 12 ans, c’est-à-dire les PCO consacrées aux troubles du neurodéveloppement. La troisième est un nouveau parcours de rééducation et de réadaptation (PRR) pour les jeunes de moins de 20 ans avec un polyhandicap ou une paralysie cérébrale.

Le périmètre des troubles couverts est large : troubles du neurodéveloppement, troubles visuels, troubles auditifs, polyhandicap et paralysie cérébrale. Le cadre juridique repose sur les articles L. 2134-1, L. 2135-1, L. 2136-1 du Code de la santé publique, et les modalités de déploiement sont précisées par l’instruction n° DGCS/DGOS/DITND/2026/51 du 13 mai 2026. La logique reste celle qui a fait le succès des PCO et qui structure déjà le service de repérage précoce des 0-6 ans : coordonner les acteurs autour de l’enfant pour gagner du temps.

Mise en perspective : précocité et reste à charge zéro

Le fil conducteur du dispositif est la prise en charge précoce du handicap et sans reste à charge. Pour les familles, l’enjeu est décisif : le parcours ouvre droit à un parcours de repérage et d’interventions précoces sans reste à charge pour les parents, y compris lorsque interviennent des professionnels non conventionnés avec l’assurance maladie (ergothérapeutes, psychomotriciens, psychologues). Cette solvabilisation est portée par la loi de financement de la sécurité sociale 2026.

L’urgence à intervenir tôt n’est pas qu’un slogan : la stratégie insiste sur les interventions précoces et intensives, notamment pendant la période de plasticité cérébrale des 1000 premiers jours. Le modèle des PCO a fait ses preuves en volume : à ce jour, 92 000 enfants ont bénéficié d’un forfait PCO. La montée en charge du dispositif TND est documentée dans notre suivi Stratégie TND 2026 : 186 000 enfants en PCO, bilan à mi-parcours.

Impact concret pour les professionnels du repérage

CMPP. Les centres médico-psycho-pédagogiques sont en première ligne d’une demande qui sature. En 2024, ils ont accompagné plus de 141 000 enfants et adolescents, un volume en repli de 2 % par rapport à 2023. Au 31 décembre 2024, près de 109 000 enfants et adolescents sont en cours de suivi dans un CMPP, tandis que près de 33 800 enfants et adolescents sont en attente d’un premier rendez-vous, un niveau en forte hausse. Le délai d’accès reste un point noir : seuls 23 % des enfants obtiennent un premier rendez-vous en moins d’un mois, contre 30 % en 2017. Ces tensions sont analysées dans notre article CMPP 2024 : 141 000 enfants suivis, délais d’attente en hausse.

CAMSP. Les centres d’action médico-sociale précoce restent le maillon clé de la petite enfance. On en recense 327 centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) en France, qui ont réalisé 1,4 million d’interventions auprès des enfants ou de leurs familles. Là encore, l’attente pèse : près de 10 800 enfants étaient inscrits sur une liste d’attente. Le cadre réglementaire de ces structures évolue, comme nous l’expliquons dans Réforme CMPP et CAMSP 2026.

MDPH et équipes médico-sociales. Le repérage précoce ne dispense pas du recours aux droits : plus d’un quart des enfants et adolescents suivis disposent d’un dossier ouvert auprès de la maison départementale des personnes handicapées. L’articulation entre intervention précoce, scolarisation et orientation reste donc centrale, notamment pour les équipes de SESSAD et les dispositifs d’autorégulation décrits dans DAR TND : le dispositif collège.

Perspectives : un déploiement à suivre de près

L’enjeu des prochains mois sera la traduction opérationnelle de l’instruction du 13 mai 2026 sur les territoires, alors que la création du parcours de rééducation et de réadaptation (PRR) constitue une première réponse structurée au polyhandicap et à la paralysie cérébrale. Les modalités précises de financement, le calendrier d’ouverture des nouveaux parcours et l’articulation avec l’offre médico-sociale existante restent à clarifier. Ce déploiement s’inscrit dans le bilan d’étape de la stratégie nationale TND 2023-2027, et les chiffres d’activité 2024 des CMPP sont consultables sur le site de la CNSA.

Mini-FAQ : le service de repérage précoce 0-20 ans

Quels sont les trois parcours du nouveau service ?
Un parcours pour les enfants de moins de 7 ans (tous troubles), un parcours existant pour les moins de 12 ans (troubles du neurodéveloppement, via les PCO) et un nouveau parcours de rééducation et de réadaptation (PRR) pour les jeunes de moins de 20 ans avec polyhandicap ou paralysie cérébrale.
Les familles doivent-elles payer les interventions ?
Non : le parcours ouvre droit à une prise en charge sans reste à charge pour les parents, y compris pour les professionnels non conventionnés (ergothérapeutes, psychomotriciens, psychologues). Cette solvabilisation est prévue par la loi de financement de la sécurité sociale 2026.
Quel texte encadre le déploiement ?
Le service repose sur les articles L. 2134-1, L. 2135-1 et L. 2136-1 du Code de la santé publique, et ses modalités de déploiement sont précisées par l’instruction n° DGCS/DGOS/DITND/2026/51 du 13 mai 2026.

Sources officielles

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