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DAR TND : le dispositif collège et le rôle des équipes SESSAD et ITEP

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DAR TND : le dispositif collège et le rôle des équipes SESSAD et ITEP

Les dispositifs d’auto-régulation (DAR) constituent l’une des nouvelles réponses de l’Éducation nationale aux besoins des adolescents porteurs de TND (troubles du neurodéveloppement) : les TND concernent 1 personne sur 6 en France. Implantés dans les collèges, ces dispositifs font appel aux professionnels médico-sociaux comme opérateurs. Ce que les équipes SESSAD, ITEP et les directeurs d’ESMS doivent savoir pour se positionner.

Qu’est-ce qu’un dispositif d’auto-régulation (DAR) ?

Selon la définition officielle du ministère chargé du Handicap, L’autorégulation est la capacité que peut avoir une personne à maîtriser ses pensées, ses émotions et ses comportements. Dans un DAR, les élèves apprennent à mieux comprendre et mieux exprimer ce qu’ils ressentent et s’entraînent à travailler de manière de plus en plus autonome. Le dispositif s’appuie sur l’autodétermination et la métacognition.

Les publics visés sont larges : En plus des élèves autistes, tous ceux qui ont d’autres troubles du neurodéveloppement, notamment des troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA) ou des troubles de l’attention avec hyperactivité (TDAH) trouvent dans l’autorégulation une pédagogie adaptée. Les élèves accueillis dans un DAR sont scolarisés en milieu ordinaire, dans leur classe d’âge, avec une notification MDPH (orientation CDAPH), prérequis commun à tous les dispositifs médico-scolaires.

Les chiffres du déploiement national

La stratégie nationale TND 2023-2027 a donné une impulsion décisive. Au bilan 2025-2026, 664 dispositifs scolaires TND sont ouverts, accueillant plus de 5 600 élèves. Parmi eux, on dénombre 345 UEMA, 185 UEEA, 79 écoles, 47 collèges et 8 lycées avec autorégulation.

La montée en charge est rapide : à la rentrée 2025, 75 nouveaux dispositifs TND ont été créés sur l’ensemble du territoire, dont 24 équipes d’autorégulation — 20 en collège et 4 en lycée. Ce rythme confirme la priorité accordée au secondaire ordinaire dans le déploiement de la stratégie TND — une dynamique à mettre en regard avec la préparation du relais MDPH vers l’ESMS adulte à la sortie d’ITEP.

Ces données s’inscrivent dans un contexte de forte pression : en décembre 2025, 186 193 enfants ont été repérés et adressés vers les plateformes de coordination et d’orientation (PCO), et 73 PCO ouvertes au total, représentant plus de 50 % de l’objectif de couverture de l’ensemble des départements. Pour aller plus loin : L’ANAP recommande un cadre simplifié pour les PCO après 7 ans d’expérimentation.

Les AMI 2026 en cours : ce que les ESMS peuvent candidater

Plusieurs ARS lancent actuellement des appels à manifestation d’intérêt pour créer de nouveaux DAR en collège. Les opérateurs éligibles sont précisément définis : les organismes gestionnaires d’un établissement ou service pour jeunes en situation de handicap autorisé au titre du CASF. En pratique, cela concerne en priorité les SESSAD, les ITEP et les IME.

L’ARS Occitanie a lancé un AMI pour un DAR au collège Olivier de Magny à Cahors, avec une date limite de dépôt fixée au 15 juillet 2026. L’ARS La Réunion a ouvert ses candidatures en mai 2026 avec une clôture au 18 août 2026. Dans les deux cas, le DAR est destiné à 10 jeunes scolarisés entre la 6e et la 3e présentant un TND (TSA, dys, TDAH, TDI) en milieu ordinaire.

Le financement est significatif : pour le DAR de Dijon, le dispositif bénéficie d’un financement de 180 000 € annuels en année pleine. Les cahiers des charges prévoient une montée en charge progressive : le dispositif démarrera à la rentrée scolaire 2026 avec une capacité de 10 places à atteindre progressivement.

La composition de l’équipe d’un DAR

L’équipe pluriprofessionnelle est constituée d’enseignants, d’éducateurs spécialisés, de psychologues, de psychomotriciens et de personnels des collectivités. Ces professionnels sont intégrés dans le collège, travaillant côte à côte avec les enseignants.

La coopération éducation nationale / médico-social est au cœur du dispositif : les équipes bénéficient d’une formation conjointe dès l’ouverture du dispositif et d’une supervision régulière et durable par un spécialiste en autorégulation. C’est un modèle d’intégration inédit dans le secondaire, qui demande un investissement spécifique côté ESMS.

Impact concret pour les ESMS partenaires

Pour les SESSAD : le DAR représente une opportunité d’étendre leur mission en milieu ordinaire au secondaire. Les SESSAD accompagnant déjà des adolescents TND ont le profil idéal : équipe pluridisciplinaire, connaissance du public, habitude de la coopération scolaire. Les PAS 2026 ont déjà élargi le rôle des SESSAD dans les établissements scolaires.

Pour les ITEP : les DITEP ont habitué leurs équipes à une logique modulaire, avec des modes d’accompagnement flexibles (internat, semi-internat, ambulatoire). Le DAR constitue une extension naturelle dans le secondaire ordinaire, notamment pour les jeunes scolarisés à temps partiel en collège.

Pour les IME : les équipes habituées à la coordination ULIS ont une longueur d’avance. Les IME gérant des SESSAD associés peuvent candidater via leur composante SESSAD pour les élèves à niveau TND modéré.

Pour les directeurs d’ESMS : le DAR requiert un investissement initial (convention avec le collège, formation conjointe des équipes, protocoles CDAPH) et une capacité à s’inscrire dans une logique d’ESMS « hors les murs ». Il représente cependant un levier de diversification de l’offre et de coopération avec le territoire scolaire.

DAR, ULIS, PAS, SESSAD : comprendre le paysage

Le paysage des dispositifs scolaires TND s’est densifié. Voici comment s’articule le DAR :

  • ULIS : unité localisée avec coordonnateur enseignant. Le DAR est complémentaire : il ajoute une équipe médico-sociale avec une approche d’auto-régulation spécifique.
  • PAS (Pôles d’appui à la scolarité) : intervient sans notification MDPH pour situations simples. Le DAR cible les élèves avec notification CDAPH pour un accompagnement plus structuré.
  • SESSAD : accompagnement individualisé. Le DAR est collectif, ancré dans le collège, avec portage par un ESMS mais présence permanente dans l’établissement.

Mini-FAQ : DAR en collège et équipes médico-sociales

Un SESSAD qui porte un DAR garde-t-il son agrément initial ?
Oui. Le DAR est une extension d’activité portée par l’ESMS, financée par dotation ARS dédiée. L’agrément SESSAD existant est maintenu. Les professionnels peuvent être affectés partiellement au DAR (temps partagé), ce qui requiert une organisation RH rigoureuse mais ne modifie pas l’autorisation de l’établissement.
Faut-il une convention spécifique avec le collège d’accueil ?
Oui, une convention de partenariat entre l’opérateur médico-social et le collège est nécessaire. Elle précise les modalités de mise à disposition des locaux, les règles de confidentialité pour les professionnels médico-sociaux dans l’enceinte scolaire, et le protocole de coordination avec le chef d’établissement et les enseignants référents TND.
Combien d’élèves par DAR et quelle est la durée d’accompagnement ?
Chaque DAR accueille 10 jeunes scolarisés entre la 6e et la 3e présentant un TND (TSA, dys, TDAH, TDI). La durée d’accompagnement suit le cursus scolaire, avec révision possible lors de chaque renouvellement de notification CDAPH. La montée en charge est progressive pour permettre la structuration de l’équipe et la formation conjointe obligatoire à l’ouverture.

Sources officielles

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