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Repérage précoce du handicap 0-6 ans : le nouveau service décrypté

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Repérage précoce du handicap 0-6 ans : le nouveau service décrypté

Repérage précoce du handicap : le gouvernement a annoncé, le 15 juin 2026, le déploiement d’un service de repérage, de diagnostic et d’intervention précoce. Présenté comme une « porte d’entrée coordonnée pour les enfants et leurs parents », ce dispositif réorganise autour de trois parcours l’accès au diagnostic et aux interventions précoces, avec un principe directeur : la prise en charge précoce du handicap et sans reste à charge pour les familles. Pour les équipes des CAMSP, des plateformes de coordination et d’orientation (PCO) et des SESSAD, c’est l’aboutissement d’une politique engagée depuis 2019 — et un nouveau cadre de travail à intégrer.

Trois parcours coordonnés selon l’âge et le type de trouble

Le communiqué publié par le ministère chargé du handicap structure l’offre autour de trois parcours distincts mais articulés. Le premier, entièrement nouveau, organise le repérage, le diagnostic et les interventions précoces des enfants de moins de 7 ans, quel que soit le type de trouble. Le deuxième reprend et renforce le dispositif existant dédié aux enfants de moins de 12 ans avec troubles du neurodéveloppement (TND), coordonné par les plateformes de coordination et d’orientation (PCO). Le troisième, lui aussi nouveau, crée un parcours de rééducation et de réadaptation (PRR) pour les jeunes de moins de 20 ans avec un polyhandicap ou une paralysie cérébrale.

Le service cible quatre grandes familles de troubles : troubles du neurodéveloppement, troubles visuels, troubles auditifs, polyhandicap et paralysie cérébrale. Dans chaque territoire, des structures référentes (centres d’action médico-sociale précoce, services de soins médicaux et de réadaptation…) seront désignées pour piloter l’orientation. Ce maillage s’appuie sur un acquis solide : un réseau de 182 plateformes de coordination et d’orientation pour les enfants entre 0 et 12 ans est déployé depuis 2019 dans tous les départements. La base juridique du service est posée par le décret du 5 août 2025, qui inscrit les PCO dans cette nouvelle architecture.

Un dispositif qui s’appuie sur sept ans d’activité des PCO et des CAMSP

Les chiffres d’activité justifient la montée en charge. Selon le bilan 2025-2026 de la stratégie nationale TND, les PCO ont permis depuis 2019 le repérage de 186 193 enfants — 145 033 enfants au sein des PCO 0-6 ans et 41 160 enfants au sein des PCO 7-12 ans. Sur la même période, 110 897 enfants de 0 à 12 ans ont bénéficié d’au moins un forfait depuis l’ouverture des PCO. L’extension aux plus grands progresse vite : 73 PCO 7-12 ans sont ouvertes, soit 42 de plus en un an, et plus de 50 % de l’objectif de couverture de l’ensemble des départements est atteint pour cette tranche d’âge. Le coût suit : les dépenses de forfaits sont estimées à 45 M€ en 2025, contre 35 M€ en 2024.

Le forfait d’intervention précoce reste le levier financier central. Il ouvre droit à un parcours de repérage et d’interventions précoces sans reste à charge pour les parents, par des psychomotriciens, ergothérapeutes et psychologues, professions jusqu’alors non remboursées par l’Assurance maladie. Ses montants ont été fixés à 1 500 euros pour les bilans et interventions des ergothérapeutes et des psychomotriciens et à 300 euros pour les actes de bilan des psychologues, chaque année. Pour fluidifier les paiements, un système de paiement direct est progressivement mis en place par l’Assurance maladie depuis juin 2024.

En amont des PCO, les CAMSP demeurent un pilier du repérage 0-6 ans. Selon les données publiées par la CNSA, 327 centres d’action médico-sociale précoce (CAMSP) sont recensés en France et, en 2022, près de 81 600 enfants ont été reçus au moins une fois dans ces structures, qui ont réalisé 1,4 million d’interventions auprès des enfants ou de leurs familles. Le revers de la médaille : près de 10 800 enfants étaient inscrits sur une liste d’attente, avec un délai moyen de près de 3 mois pour un premier rendez-vous. C’est précisément cette tension entre besoins et capacités que le nouveau service entend desserrer.

Ce que le service change concrètement pour les professionnels

Pour les CAMSP et les structures référentes, le service formalise un rôle de pilote territorial du repérage : l’enjeu est d’articuler le premier accueil, l’orientation et le suivi sans rompre le parcours. Pour les équipes de SESSAD, la coordination renforcée avec les PCO et les services de soins de réadaptation appelle à clarifier les relais entre interventions précoces et accompagnement médico-social. Les professionnels qui souhaitent situer ce service dans l’écosystème existant pourront utilement relire notre guide sur les missions et l’organisation des SESSAD ainsi que notre décryptage de la réforme des CMPP et CAMSP 2026.

Pour les libéraux conventionnés — psychomotriciens, ergothérapeutes, psychologues —, le forfait PCO sécurise une rémunération sans reste à charge pour les familles, avec une durée maximale de deux ans (12 mois renouvelable une fois). Pour les coordinateurs de parcours, le service réaffirme la logique de la « porte d’entrée unique » déjà à l’œuvre dans les dispositifs de scolarisation et d’autorégulation : voir à ce titre nos analyses du dispositif d’autorégulation TND et du déploiement des pôles d’appui à la scolarité. L’objectif clinique est documenté : les interventions précoces et intensives, notamment pendant la période de plasticité cérébrale des 1000 premiers jours, peuvent durablement améliorer la trajectoire développementale de l’enfant ayant un trouble du neurodéveloppement.

Calendrier, financement et points de vigilance

Le service « se met progressivement en place ». Il s’inscrit dans la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement 2023-2027, annoncée le 14 novembre 2023 par le Président de la République, dont l’enveloppe totale représente 680 M€, et s’appuie sur le réseau des plateformes de coordination et d’orientation. À l’horizon 2027, 55 M€ d’investissements supplémentaires sont prévus pour les PCO, avec l’objectif d’au moins une plateforme par département et par tranche d’âge. Par ailleurs, la loi de financement de la sécurité sociale 2026 prévoit la mise en place d’un dispositif de solvabilisation des séances de guidance parentale, complément utile aux interventions auprès de l’enfant.

Plusieurs points restent à préciser pour les équipes. Les modalités de financement du nouveau parcours généraliste 0-6 ans (tous troubles) et le détail du parcours PRR n’étaient pas encore publiés à la date de l’annonce. La pression sur la demande, elle, ne faiblit pas : la prévalence du TDAH en population générale est d’environ 5 % chez l’enfant et 3 % chez l’adulte, soit, en France, un total supérieur à deux millions de personnes. Pour les professionnels du soin et du paramédical en ESMS, ce service redéfinit les frontières entre dépistage, diagnostic et accompagnement : notre guide des métiers du soin et du paramédical en ESMS aide à se repérer dans cette recomposition.

Mini-FAQ : repérage et intervention précoce 0-6 ans

Quels professionnels sont financés par le forfait d’intervention précoce ?
Le forfait couvre les bilans et interventions des psychomotriciens, ergothérapeutes et psychologues, des professions jusque-là non remboursées par l’Assurance maladie. Les montants ont été fixés à 1 500 € par an pour les ergothérapeutes et psychomotriciens et à 300 € par an pour les actes de bilan des psychologues. La prise en charge se fait sans reste à charge pour les familles.
Quelle est la différence entre les trois parcours du service ?
Le parcours 1 (nouveau) cible le repérage et les interventions précoces des enfants de moins de 7 ans, quel que soit le trouble. Le parcours 2 (existant, renforcé) concerne les enfants de moins de 12 ans avec un trouble du neurodéveloppement, coordonné par les PCO. Le parcours 3 (nouveau) crée un parcours de rééducation et de réadaptation pour les jeunes de moins de 20 ans avec un polyhandicap ou une paralysie cérébrale.
Combien de temps dure la prise en charge en PCO ?
Le forfait d’intervention précoce est attribué pour une durée de 12 mois, renouvelable une fois, soit une durée maximale de deux ans. Pendant cette période, l’enfant bénéficie d’un parcours de bilans et d’interventions sans reste à charge pour ses parents.

Sources officielles

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