La santé mentale est Grande Cause nationale pour la deuxième année consécutive en 2026, sous l’intitulé « Parlons santé mentale ! », prolongeant l’élan initié en 2025. Pour les établissements et services médico-sociaux, les groupes d’entraide mutuelle (GEM) et les SAMSAH, cette désignation gouvernementale crée un contexte favorable à l’action, au financement de projets et aux partenariats intersectoriels. Tour d’horizon des dispositifs mobilisables et des enjeux concrets pour les équipes.
La Grande Cause nationale reconduite : le contexte officiel
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Le gouvernement a annoncé fin novembre 2025 la prolongation de la Grande Cause nationale dédiée à la santé mentale pour l’année 2026. Cette reconduite fait suite aux résultats de la première année, qui avait permis de sensibiliser largement le grand public mais laissait encore un chemin important à parcourir côté professionnels et institutions.
La feuille de route nationale en santé mentale et psychiatrie, dotée de 3,3 milliards d’euros mobilisés depuis 2018 selon les données du ministère de la Santé, arrive à son terme en 2026. L’objectif de cette deuxième année est de passer de la sensibilisation à la mise en œuvre concrète, notamment pour les populations les plus vulnérables accompagnées dans les ESMS.
Les GEM : pièces maîtresses du dispositif en 2026
Les Groupes d’entraide mutuelle constituent un levier central de la politique santé mentale 2026, elle-même articulée avec la feuille de route handicap préparatoire à la Conférence nationale du handicap de juin 2026. Ces structures associatives — qui accueillent des personnes vivant avec des troubles psychiques en favorisant la pair-aidance et la socialisation — bénéficient d’un soutien renouvelé de la CNSA dans le cadre de la Grande Cause nationale.
En France, on compte environ 750 GEM répartis sur l’ensemble du territoire, financés par des subventions des Agences régionales de santé (ARS). Le financement national est assuré par la CNSA à hauteur de 20 millions d’euros annuels. Pour les professionnels des ESMS, les GEM constituent des partenaires essentiels dans les parcours de rétablissement des personnes accompagnées : ils offrent un espace de vie sociale et de soutien par les pairs qui complète utilement l’accompagnement professionnel médico-social.
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En 2026, la CNSA a lancé un appel à projets spécifique pour soutenir l’innovation dans les GEM, notamment autour de la numérisation des échanges, du développement de la pair-aidance formée et du renforcement des liens avec les structures d’hébergement social. Les ESMS spécialisés dans l’accompagnement des personnes avec handicap psychique sont invités à développer des conventionnements avec les GEM de leur territoire.
Ce que la Grande Cause change concrètement pour les ESMS
La désignation « Grande Cause nationale » n’impose pas d’obligations nouvelles aux établissements et services. Elle crée en revanche des opportunités que les équipes de direction ont intérêt à saisir :
- Accès au label « Parlons santé mentale » : tout établissement ou service peut demander ce label pour valoriser ses actions de lutte contre la stigmatisation des troubles psychiques, de prévention en santé mentale et d’inclusion sociale des personnes concernées. Le label est attribué par la délégation ministérielle à la santé mentale.
- Financement de projets locaux : plusieurs ARS ont ouvert des appels à projets spécifiques liés à la Grande Cause dans leur région, avec des dotations allant de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des initiatives innovantes.
- Visibilité renforcée : les ESMS qui s’engagent dans des actions labellisées bénéficient d’une communication nationale associée à la Grande Cause, ce qui peut faciliter le recrutement de professionnels et les démarches de reconnaissance institutionnelle.
Santé mentale des professionnels du médico-social : un enjeu interne
La Grande Cause nationale santé mentale interpelle aussi les ESMS de l’intérieur. Les professionnels du médico-social présentent des niveaux d’épuisement professionnel (burn-out) et de souffrance au travail significativement plus élevés que la moyenne nationale. Une étude DREES publiée en 2024 estimait que 38 % des soignants et éducateurs en ESMS présentaient des signes de burn-out modéré à sévère.
Les directeurs et chefs de service ont ici un rôle direct à jouer, en s’appuyant sur les outils de prévention des risques psychosociaux disponibles et en intégrant la santé mentale des équipes dans leur politique RH. Le guide management ESMS propose des ressources pratiques pour structurer cette démarche.
Les Semaines d’Information sur la Santé Mentale 2026
Les Semaines d’Information sur la Santé Mentale (SISM) se tiendront du 5 au 18 octobre 2026, sur le thème « Pour notre santé mentale, ouvrons-nous aux arts ». Cette 37e édition invite les structures à organiser des événements ouverts au public autour des liens entre créativité artistique, expression et santé mentale.
Les ESMS, GEM, SAMSAH, CHRS et services d’hébergement social peuvent s’inscrire comme organisateurs d’événements SISM sur le portail des SISM. La participation est libre et valorisée dans les rapports d’évaluation des établissements. Plusieurs ARS proposent des cofinancements pour les événements SISM réunissant plusieurs structures du même territoire.
Projets personnalisés et santé mentale : une approche renforcée
Le contexte de la Grande Cause nationale invite les équipes pluridisciplinaires des ESMS à revisiter la place accordée à la santé mentale dans les projets personnalisés d’accompagnement. Plusieurs recommandations pratiques méritent attention :
- Intégrer systématiquement une évaluation des besoins en soutien psychologique dans la révision annuelle du projet personnalisé.
- Développer des partenariats avec les SAMSAH et les équipes de psychiatrie de secteur pour les situations complexes.
- Former les équipes de terrain aux premiers secours en santé mentale (PSSM) — une formation courte (14 heures) qui permet à tout professionnel de détecter une crise et d’orienter vers les bonnes ressources.
- S’appuyer sur les ressources paramédicales disponibles (psychologues, infirmiers spécialisés, ergothérapeutes) pour co-construire des plans de soutien individualisés.
Ressources et financements disponibles en 2026
Les ESMS qui souhaitent s’engager dans des actions liées à la Grande Cause nationale peuvent mobiliser plusieurs sources de financement : Les personnes avec handicap psychique sont fréquemment orientées vers le FAM (Foyer d’Accueil Médicalisé).
- Appels à projets ARS : chaque ARS a publié ou annoncé des appels spécifiques en lien avec la feuille de route territoriale santé mentale 2026. Les montants et calendriers varient par région.
- CNSA (appel à projets GEM) : les GEM et structures partenaires peuvent déposer des projets d’innovation.
- Fonds territorial d’innovation sociale (selon disponibilité régionale) pour les expérimentations pair-aidance.
- OPCO Santé : les formations en santé mentale au travail (PSSM, management bienveillant) sont éligibles aux plans de développement des compétences des ESMS du secteur non lucratif.





