Guide Expert 2026

Management ESMS : Guide de Gestion d’Établissement Médico-Social

Gouvernance, évaluation HAS, CPOM, gestion RH, budget et transformation numérique : toutes les clés du pilotage d’un établissement ou service médico-social en 2026.

44 000
ESMS en France
1,3 M
Personnes accompagnées
16 Md€
ONDAM médico-social 2026
157
Critères HAS

1. Cadre juridique des ESMS

Les Établissements et Services Médico-Sociaux (ESMS) sont définis par l’article L. 312-1 du Code de l’action sociale et des familles (CASF). Ce cadre législatif, profondément remanié depuis 2002, structure l’ensemble du secteur médico-social français.

La loi 2002-2 : fondement du secteur

La loi n° 2002-2 du 2 janvier 2002 rénovant l’action sociale et médico-sociale constitue le socle réglementaire des ESMS. Elle a institué :

  • Les 7 outils de la loi 2002-2 : livret d’accueil, charte des droits et libertés, contrat de séjour (ou DIPEC), règlement de fonctionnement, projet d’établissement, conseil de la vie sociale (CVS), médiateur qualifié
  • L’obligation d’évaluation interne et externe
  • Le droit des usagers au cœur du dispositif

Évolutions législatives majeures

Loi / RéformeDateApports clés
Loi 2002-22 janvier 2002Droits des usagers, 7 outils, évaluation
Loi HPST21 juillet 2009Création des ARS, CPOM obligatoires
Loi ASV28 décembre 2015Adaptation au vieillissement, renforcement CVS
Loi 3DS21 février 2022Déconcentration, gouvernance, parcours renforcé en emploi
Loi Plein emploi18 décembre 2023Nouveaux droits ESAT, France Travail, emploi accompagné
LFSS 202630 décembre 2025SERAFIN-PH inscrit, ONDAM médico-social 16 Md€

Autorisations et contrôle

Tout ESMS doit obtenir une autorisation délivrée par l’autorité compétente (ARS, Conseil départemental ou les deux conjointement) pour une durée de 15 ans renouvelable. Cette autorisation conditionne l’ouverture, l’extension ou la transformation de l’établissement.

⚠️ Point de vigilance : Depuis la loi 3DS de 2022, la procédure d’appel à projets n’est plus systématique. L’autorisation peut désormais être délivrée directement par l’ARS pour certaines catégories d’ESMS, simplifiant la création de places.

2. Types d’ESMS et chiffres clés 2026

Le secteur médico-social regroupe une grande diversité de structures, classées selon le public accueilli et les missions assurées.

Secteur personnes handicapées

TypePublicNombrePlaces
ESATAdultes handicapés (travail protégé)1 495118 000+
IMEEnfants handicapés (6-20 ans)1 25070 000+
MASAdultes polyhandicapés70030 000+
FAMAdultes handicapés (médicalisé)85028 000+
SESSADEnfants handicapés (milieu ordinaire)1 80055 000+
SAVS / SAMSAHAdultes handicapés (vie à domicile)1 10045 000+
Foyers d’hébergementAdultes handicapés1 40042 000+

Secteur personnes âgées

TypePublicNombrePlaces
EHPADPersonnes âgées dépendantes7 500600 000+
SSIAD / SADSoins à domicile2 100130 000+
Résidences autonomiePersonnes âgées autonomes2 300110 000+

Secteur insertion / précarité

CHRS
800+ centres d’hébergement
CADA
400+ centres demandeurs d’asile
LHSS
Lits halte soins santé
ACT
Appartements de coordination thérapeutique
📊 Au total : Le secteur médico-social français compte environ 44 000 ESMS employant plus de 750 000 professionnels et accompagnant 1,3 million de personnes. Le budget global dépasse 43 milliards d’euros (branche autonomie 2026).

3. Gouvernance et instances obligatoires

La gouvernance d’un ESMS repose sur un ensemble d’outils et d’instances destinés à garantir la qualité de l’accompagnement et les droits des personnes.

Le projet d’établissement ou de service (PE/PS)

Document fondateur de l’ESMS, le projet d’établissement définit les objectifs, les modalités d’accompagnement et l’organisation du service. Il est élaboré pour une durée maximale de 5 ans et doit être co-construit avec les professionnels, les usagers et leurs représentants.

Il comprend obligatoirement :

  • Les valeurs et missions de l’établissement
  • Le public accueilli et les critères d’admission
  • Les modalités d’accompagnement (médical, éducatif, social, professionnel)
  • L’organisation interne et les moyens humains
  • Les objectifs d’amélioration continue de la qualité
  • Les partenariats et le travail en réseau

Le Conseil de la Vie Sociale (CVS)

Instance de participation obligatoire depuis la loi 2002-2, le CVS permet aux personnes accompagnées et à leurs familles de s’exprimer sur le fonctionnement de l’établissement. Sa composition est fixée par le décret n° 2022-688 du 25 avril 2022.

MembreRôleMode de désignation
Représentants des usagersMajorité des sièges (au moins 2)Élection
Représentants des famillesAu moins 1 siègeÉlection
Représentants du personnelAu moins 1 siègeDésignation syndicale ou élection
DirectionPrésidence ou participationDe droit
Représentant organisme gestionnaire1 siègeDésignation

Le CVS se réunit au moins 3 fois par an. Il est consulté sur l’organisation intérieure, les activités, les projets de travaux, les tarifs et le contenu du projet d’établissement. Consultez notre trame de réunion CVS en 7 étapes pour structurer vos instances.

Les 7 outils de la loi 2002-2

1. Livret d’accueil
Remis à l’entrée de chaque usager
2. Charte des droits
Affichée et annexée au livret d’accueil
3. Contrat de séjour / DIPEC
Signé dans les 15 jours suivant l’admission
4. Règlement de fonctionnement
Droits et obligations des usagers et de l’établissement
5. Projet d’établissement
Document stratégique sur 5 ans
6. CVS
Instance de participation des usagers
7. Médiateur qualifié
Recours en cas de litige ou plainte
Contrôle
ARS + Conseil départemental
💡 Bonne pratique : Le projet d’établissement doit être articulé avec le CPOM et le référentiel HAS. Les trois documents forment un triptyque cohérent qui structure la démarche qualité de l’ESMS.

4. CPOM : pilotage stratégique avec les autorités

Le Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens (CPOM) est devenu l’outil central du dialogue de gestion entre les organismes gestionnaires et les autorités de tarification (ARS, Conseil départemental).

Cadre légal et obligations

Depuis la loi HPST de 2009 et les décrets d’application successifs, le CPOM est obligatoire pour :

  • Les organismes gestionnaires gérant plusieurs ESMS
  • Les établissements dont le budget dépasse le seuil fixé par arrêté
  • Tout ESMS financé par l’assurance maladie via l’ARS

Le CPOM est conclu pour une durée de 5 ans. Il remplace les anciens mécanismes de tarification annuelle et permet une gestion pluriannuelle des crédits.

Contenu type d’un CPOM

VoletContenu
Diagnostic partagéAnalyse des besoins du territoire, profil des personnes accompagnées, état des lieux de l’offre
Objectifs stratégiquesAxes prioritaires d’évolution (qualité, inclusion, parcours, prévention)
Objectifs opérationnelsActions concrètes, échéancier, référents
Moyens allouésEnveloppe financière globale, affectation par établissement
Indicateurs de suiviTableau de bord, indicateurs de performance et de résultat
Modalités de révisionClause de revoyure, avenant, résiliation

Avantages du CPOM pour le directeur

  • Souplesse budgétaire : fongibilité asymétrique des crédits entre établissements
  • Visibilité financière : enveloppe garantie sur 5 ans
  • Autonomie de gestion : moins de contrôle a priori, davantage d’évaluation a posteriori
  • Mutualisation : possibilité de mutualiser des moyens entre établissements du même gestionnaire
⚠️ Attention : Le non-respect des engagements du CPOM peut entraîner une réduction des crédits alloués lors du renouvellement, voire une injonction de l’ARS. Le dialogue de gestion annuel (revue du CPOM) permet d’anticiper les écarts.

5. Évaluation HAS : le nouveau référentiel

Depuis 2022, l’évaluation des ESMS repose sur un référentiel unique de 157 critères défini par la Haute Autorité de Santé (HAS), remplaçant les anciennes évaluations internes et externes séparées.

Les 9 chapitres du référentiel

ChapitreThèmeCritères
1Bientraitance et éthique18 critères
2Droits de la personne accompagnée22 critères
3Expression et participation de la personne15 critères
4Co-construction et personnalisation du projet19 critères
5Accompagnement de la personne21 critères
6Continuité et fluidité des parcours16 critères
7Politique de ressources humaines18 critères
8Démarche qualité et gestion des risques16 critères
9Politique et gouvernance de l’établissement12 critères

Critères impératifs

Parmi les 157 critères, 18 sont classés « impératifs ». Leur non-respect entraîne automatiquement une évaluation défavorable sur le thème concerné. Ils portent notamment sur :

  • La prévention de la maltraitance et le traitement des signalements
  • Le respect de l’intimité et de la dignité
  • La gestion des événements indésirables graves
  • L’existence d’un projet personnalisé pour chaque personne
  • La mise en place du CVS

Méthode d’évaluation

L’évaluation est réalisée tous les 5 ans par un organisme accrédité COFRAC. Elle repose sur trois méthodes complémentaires :

  • L’accompagné traceur : suivi du parcours complet d’une personne accompagnée
  • Le traceur ciblé : analyse d’un processus spécifique (médicament, alimentation, etc.)
  • L’audit système : vérification du fonctionnement global de l’organisation
📅 Calendrier : Le cycle d’évaluation en cours couvre la période 2023-2028. Les ESMS dont l’autorisation arrive à échéance en premier sont prioritaires. Chaque établissement reçoit sa date d’évaluation via une notification de l’ARS.

Préparer son évaluation HAS

La préparation repose sur trois piliers :

  • Auto-évaluation : réaliser un diagnostic interne sur les 157 critères avec le comité de pilotage qualité
  • Plan d’amélioration : prioriser les actions correctives, notamment sur les critères impératifs
  • Mobilisation des équipes : former les professionnels au référentiel et impliquer les usagers dans la démarche

6. Budget et financement des ESMS

Le financement des ESMS repose sur un modèle complexe combinant dotations publiques (assurance maladie, Conseil départemental) et, dans certains cas, participations des usagers (tarif hébergement en EHPAD).

Sources de financement

SourcePérimètreAutorité
Assurance maladie (ONDAM)Soins, accompagnement médico-socialARS
Conseil départementalHébergement, dépendance (EHPAD), insertionCD
État (programme 157)Aide au poste ESAT, EADREETS
Usagers / famillesTarif hébergement EHPAD, forfait journalier
Activité commercialeProduction ESAT

EPRD et ERRD : les outils budgétaires

Les ESMS sous CPOM utilisent deux documents budgétaires :

  • EPRD (État Prévisionnel des Recettes et Dépenses) : document prévisionnel annuel remplaçant le budget prévisionnel. Il est transmis à l’ARS avant le 31 octobre N-1
  • ERRD (État Réalisé des Recettes et Dépenses) : compte de résultat certifié transmis avant le 30 avril N+1

L’EPRD comprend un compte de résultat prévisionnel, un tableau de financement et un plan global de financement pluriannuel (PGFP) sur la durée du CPOM.

💰 Chiffres clés budget 2026 : L’ONDAM médico-social s’élève à 16 milliards d’euros (+1,9 % vs 2025). L’objectif de dépenses de la branche autonomie atteint 43,6 milliards d’euros. Les charges de personnel représentent en moyenne 70 à 75 % du budget d’un ESMS.

Réforme SERAFIN-PH : la nouvelle tarification

La réforme SERAFIN-PH transforme le modèle de financement des ESMS handicap. Inscrite dans la LFSS 2026 (article 90), elle entrera en vigueur au 1er janvier 2027 avec une convergence progressive sur 8 ans (2027-2034).

Budget socle
Stable sur la durée du CPOM
Budget variable
Majoration selon la complexité des besoins
Dotation complémentaire
~10 % du budget, auto-évaluation
Convergence
8 ans (2027-2034)

Construire un budget prévisionnel fiable

Les directeurs d’ESMS doivent maîtriser la construction budgétaire pour sécuriser leur tarification. Cela passe par un suivi mensuel des écarts entre prévisionnel et réalisé, une analyse des coûts par activité et une anticipation des dérives budgétaires.

7. RH et attractivité : gérer les équipes en ESMS

La gestion des ressources humaines constitue le premier défi des directeurs d’ESMS. Avec des charges de personnel représentant 70 à 75 % du budget, le management RH conditionne directement la qualité de l’accompagnement.

Conventions collectives applicables

ConventionSecteurSpécificités
CCN 66Privé non lucratif (handicap, protection enfance)Grille indiciaire, ancienneté, qualification
CCN 51 (FEHAP)Privé non lucratif (sanitaire et médico-social)Grille salariale, coefficient, prime fonctionnelle
CCN BADAide à domicileCatégories A à I, progression salariale
FPHPublic hospitalierGrilles indiciaires FP, primes de service
FPTPublic territorial (CCAS)Cadres d’emplois territoriaux

Ségur du médico-social : revalorisations

Le Ségur de la santé et ses extensions au médico-social ont permis des revalorisations significatives :

  • CTI Ségur : +238 € net/mois pour les personnels soignants et éducatifs des ESMS publics et privés non lucratifs
  • Prime Laforcade : +183 € net/mois pour les personnels socio-éducatifs (convention du 2 mai 2022)
  • Extension au privé lucratif : accord de branche en cours pour les EHPAD privés commerciaux
📈 Impact : Le Ségur représente un coût annuel de plus de 2 milliards d’euros pour le secteur handicap et personnes âgées. Il a permis de stabiliser partiellement les équipes, mais les difficultés de recrutement persistent, notamment pour les aides-soignants, AES et infirmiers.

Turnover et absentéisme : état des lieux

Taux de turnover moyen
25 à 30 % (EHPAD privés)
Absentéisme moyen
10 à 12 % (secteur médico-social)
Postes vacants
30 000+ non pourvus (estimation FEHAP)
Délais recrutement
3 à 6 mois pour un IDE en ESMS

Leviers de fidélisation des équipes

8. Qualité et gestion des risques

La démarche qualité en ESMS dépasse la simple conformité réglementaire. Elle vise l’amélioration continue de l’accompagnement au bénéfice des personnes.

Le comité de pilotage qualité

Instance transversale, le COPIL qualité pilote la démarche d’amélioration continue. Il est composé de la direction, du responsable qualité, de représentants des équipes et des usagers. Il se réunit au moins trimestriellement et assure le suivi du plan d’amélioration continue de la qualité (PACQ).

Gestion des événements indésirables

Le signalement et l’analyse des événements indésirables graves (EIG) sont une obligation légale (article L. 331-8-1 du CASF). Le décret du 21 novembre 2016 définit les modalités de signalement via le portail national des signalements.

  • EIG : déclaration obligatoire à l’ARS dans les 48 heures
  • Analyse des causes racines : méthode systémique (arbre des causes, Ishikawa, ALARM)
  • Plan d’actions correctives : formalisation, suivi, évaluation de l’efficacité

Prévention de la maltraitance

La prévention de la maltraitance est un critère impératif du référentiel HAS. Elle s’appuie sur :

  • Une politique de bientraitance formalisée et connue de tous
  • Des procédures de signalement accessibles et sécurisées
  • La formation continue des professionnels à la détection des situations à risque
  • L’analyse des plaintes et réclamations du CVS
  • Le numéro national 3977 (maltraitance personnes vulnérables)

DUERP et risques professionnels

Le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) est obligatoire dans tout ESMS. Mis à jour au moins annuellement, il identifie les risques spécifiques au médico-social :

Risques physiques
TMS (manutention), chutes, agression
Risques psychosociaux
Burn-out, charge émotionnelle, violences
Risques infectieux
AES, pandémie, hygiène
Risques organisationnels
Sous-effectif, horaires atypiques

Plan de continuité d’activité (PCA)

Obligatoire depuis la crise sanitaire, le PCA définit l’organisation de l’ESMS en situation dégradée (pandémie, canicule, cyberattaque, coupure énergétique). Il identifie les activités essentielles, les ressources critiques et les modes opératoires dégradés.

Audit qualité interne

L’audit qualité interne est un outil précieux pour préparer l’évaluation HAS. Il permet d’identifier les non-conformités, de prioriser les actions correctives et de mesurer l’efficacité des améliorations déjà mises en œuvre.

9. Transformation numérique des ESMS

La digitalisation des ESMS constitue un enjeu majeur pour améliorer la qualité de l’accompagnement, sécuriser les données et faciliter le travail des professionnels.

Programme ESMS numérique

Le programme ESMS numérique, piloté par la CNSA et l’ANS (Agence du Numérique en Santé), vise à généraliser le Dossier Usager Informatisé (DUI) dans tous les ESMS. Financé à hauteur de 600 millions d’euros sur la période 2021-2026, il accompagne les établissements dans l’acquisition et le déploiement de solutions numériques référencées Ségur.

Le Dossier Usager Informatisé (DUI)

Le DUI centralise toutes les informations relatives à la personne accompagnée :

  • Données administratives : état civil, droits, décisions CDAPH
  • Projet personnalisé : objectifs, actions, évaluations
  • Suivi médical : traitements, consultations, événements de santé
  • Accompagnement quotidien : transmissions, observations, évaluations

Le DUI doit respecter le cadre d’interopérabilité des systèmes d’information de santé (CI-SIS) pour communiquer avec Mon Espace Santé, le DMP et les logiciels des professionnels de santé libéraux.

Conformité RGPD et accessibilité numérique

La gestion des données personnelles en ESMS est soumise au RGPD. Les directeurs doivent mettre en place :

  • Un registre des traitements de données personnelles
  • Un Délégué à la Protection des Données (DPO) désigné
  • Des procédures de sécurisation des données de santé (hébergement HDS)
  • La conformité RGAA pour l’accessibilité numérique
🚀 Perspective : D’ici 2027, tous les ESMS devront disposer d’un DUI référencé Ségur et interopérable. Les retardataires risquent des difficultés lors du renouvellement de leur CPOM et de leur évaluation HAS.

10. Questions fréquentes sur le management des ESMS

Quelles sont les instances obligatoires dans un ESMS ?
Un ESMS doit obligatoirement disposer d’un Conseil de la Vie Sociale (CVS), d’un projet d’établissement renouvelé tous les 5 ans, d’un règlement de fonctionnement, d’un livret d’accueil, d’un contrat de séjour ou DIPEC, et d’un système de signalement des événements indésirables graves. Le médiateur qualifié complète ces 7 outils de la loi 2002-2.
Comment se déroule l’évaluation HAS d’un ESMS ?
Depuis 2022, l’évaluation repose sur un référentiel unique de 157 critères organisés en 9 chapitres. Elle est réalisée par un organisme accrédité COFRAC tous les 5 ans. La méthode inclut l’accompagné traceur (suivi du parcours d’un usager), le traceur ciblé (analyse d’un processus) et l’audit système (vérification de l’organisation). 18 critères sont classés impératifs.
Qu’est-ce qu’un CPOM et est-il obligatoire ?
Le CPOM (Contrat Pluriannuel d’Objectifs et de Moyens) est un contrat de 5 ans signé entre l’organisme gestionnaire et l’autorité de tarification (ARS et/ou Conseil départemental). Il est obligatoire pour les organismes gérant plusieurs ESMS ou dont le budget dépasse le seuil réglementaire. Il définit les objectifs stratégiques, les moyens alloués et les indicateurs de suivi.
Quelles sont les revalorisations salariales Ségur pour le médico-social ?
Le Ségur prévoit un CTI de 238 € net/mois pour les personnels soignants et éducatifs des ESMS publics et privés non lucratifs. La prime Laforcade (183 € net/mois) complète le dispositif pour les personnels socio-éducatifs. Le coût total dépasse 2 milliards d’euros par an pour le secteur handicap et personnes âgées.
Qu’est-ce que la réforme SERAFIN-PH ?
SERAFIN-PH est la réforme de la tarification des ESMS handicap. Inscrite dans la LFSS 2026, elle entrera en vigueur au 1er janvier 2027 avec une convergence progressive sur 8 ans. Le nouveau modèle repose sur un budget socle (stable), un budget variable (complexité des situations) et une dotation complémentaire (~10 % du budget).
Comment mettre en place le DUI (Dossier Usager Informatisé) ?
Le DUI s’inscrit dans le programme ESMS numérique (600 M€). Il nécessite le choix d’une solution référencée Ségur, l’interopérabilité avec le CI-SIS, la formation des équipes et la conformité RGPD (hébergement HDS, DPO désigné). L’objectif est un déploiement généralisé dans tous les ESMS d’ici 2027.
Comment réduire le turnover en ESMS ?
Les leviers principaux sont : la QVCT (diagnostic DUERP, aménagement des plannings), le management participatif, les parcours de formation et VAE, la reconnaissance salariale (Ségur), la prévention des RPS, l’amélioration des ratios d’encadrement et le développement du sentiment d’appartenance. Le taux de turnover moyen en ESMS est de 25 à 30 %.

📚 Sources officielles et références

Ce guide s’appuie sur les textes législatifs et sources institutionnelles en vigueur :

Textes législatifs

Haute Autorité de Santé

CNSA

Ministère / Service-public.fr

Agence du Numérique en Santé

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