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Handisport et sport adapté : ce que l’État finance, selon le ministère

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Handisport et sport adapté : ce que l’État finance, selon le ministère

Un député a interrogé le ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative sur l’avenir du modèle du handisport face au développement de l’offre inclusive des clubs ordinaires. La réponse ministérielle, parue au Journal officiel de l’Assemblée nationale, aborde le rôle des deux fédérations spécialisées, l’évolution de leurs licenciés, les moyens que l’État et l’Agence nationale du sport (ANS) leur consacrent, ainsi que les passerelles avec les établissements médico-sociaux. Voici ce que le texte dit, point par point.

La réponse du ministère : clubs ordinaires et fédérations spécialisées

Dans sa réponse à la question écrite, le ministère commence par rappeler que « Le développement de la pratique sportive des personnes en situation de handicap constitue une priorité du Gouvernement, renforcée par l’héritage des jeux Olympiques et Paralympiques de Paris (JOP) 2024 ». Cette ambition, indique-t-il, repose sur un principe simple : permettre à chaque personne en situation de handicap de pratiquer une activité physique ou sportive dans la structure qui répond le mieux à ses attentes, ses besoins et son niveau d’autonomie.

Le ministère indique qu’il vise à développer l’offre inclusive de tous les clubs, affiliés à toutes les fédérations sportives. La réponse ajoute aussitôt une réserve. Cette démarche ne saurait se faire au détriment des fédérations spécialisées, dont l’expertise est reconnue et demeure indispensable.

Le texte détaille ensuite ce que représentent les deux fédérations : « La Fédération française handisport et la Fédération française du sport adapté jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement des pratiquants, la formation des encadrants, le développement des disciplines adaptées, l’accès à la compétition ainsi que l’accueil des personnes présentant les situations de handicap les plus complexes ». Il s’agit de la Fédération française handisport et de la Fédération française du sport adapté. Sur la pratique sportive des personnes handicapées et l’écart avec le milieu ordinaire, voir l’article consacré à l’écart de pratique.

Le ministère résume enfin l’objectif poursuivi : « L’objectif poursuivi n’est pas d’opposer fédérations sportives ordinaires et fédérations spécialisées, mais de garantir leur complémentarité, afin que chaque personne en situation de handicap puisse librement choisir un sport et avoir la possibilité de le pratiquer au plus près de chez elle ».

L’évolution des licenciés de la fédération handisport

La réponse distingue deux échelles. D’un côté, certains clubs locaux enregistrent des baisses d’effectifs depuis le transfert de délégations parasportives. De l’autre, au niveau national, la Fédération française handisport (hors période covid) ne cesse de voir ses licenciés augmenter, passant de 27 000 licenciés en 2017 à plus de 33 000 licenciés en 2024.

Le ministère s’appuie aussi sur une autre donnée : « Selon l’INJEP (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire), la Fédération française handisport est la 2e fédération à avoir connu la plus grande augmentation de licenciés au sortir des JOP 2024 (+ 21 % entre novembre 2023 et novembre 2024 contre + 5 % en moyenne) ».

Ces éléments sont restitués tels que la réponse les présente : elle mentionne à la fois des baisses constatées dans certains clubs locaux et la hausse relevée au niveau national pour la fédération handisport.

Les moyens humains et financiers de l’État et de l’ANS

Pour les deux fédérations, le ministère met à leur disposition 44 cadres d’État (conseillers techniques sportifs) exerçant des missions de développement du parasport ou d’accompagnement de la performance (soit 3,48 M€ par an).

S’agissant de l’ANS et de l’emploi, Via l’Agence nationale du sport (ANS), elles bénéficient du financement de 22 des 45 emplois sportifs qualifiés nationaux dédiés exclusivement au parasport, afin de contribuer au développement de la pratique sportive pour les publics en situation de handicap.

Sur le plan financier, la réponse indique : « L’ANS soutient financièrement la Fédération française handisport et la Fédération française du sport adapté, respectivement à hauteur de 5,7 M€ et 1,7 M€ annuels via les contrats de développement et contrats de performance ».

Les structures locales sont également citées : « Les projets de leurs clubs affiliés, comités départementaux et ligues régionales sont soutenus à hauteur de près de 2 M€ annuels pour chaque fédération, via les plans sportifs fédéraux favorisant l’accès à la pratique, la formation des encadrants et l’accompagnement des pratiquants ».

Une enveloppe distincte, dédiée à l’équipement, est enfin mentionnée : « Les clubs et comités en particulier handisport bénéficient largement de l’enveloppe de 2,5 M€, gérée par l’ANS, destinée à l’achat de matériel et de véhicules adaptés ».

L’aide humaine dans le parasport

Le ministère cite un exemple d’aide ciblée sur l’accompagnement des personnes. Il écrit : « En 2025, dans le cadre de l’appel à projets Impact 2024 « aide humaine dans le parasport », les deux fédérations ont obtenu une aide de 40 000 € chacune pour mettre en place des dispositifs d’accompagnement humain pour les personnes les moins autonomes dans leur pratique sportive ».

Parmi les actions inscrites dans la stratégie nationale Sport et handicap, la page que Mon Parcours Handicap consacre à cette stratégie mentionne le lancement d’un appel à projets pour soutenir les clubs et associations proposant un accompagnement humain vers et dans la pratique sportive.

La stratégie Sport et handicap 2030 et les établissements médico-sociaux

Pour répondre à la question posée, le ministère renvoie à la stratégie nationale : « La stratégie nationale Sport et Handicap 2030 repose précisément sur une logique de complémentarité entre les fédérations spécialisées et les fédérations sportives ordinaires, afin de favoriser des parcours de pratique adaptés et évolutifs ».

Au sujet des établissements médico-sociaux, la réponse précise : « Elle prévoit notamment de renforcer les coopérations entre les acteurs, de développer les passerelles entre les établissements médico-sociaux et les clubs affiliés aux fédérations sportives et de mieux accompagner les structures dans la mise en œuvre d’une offre de pratique de qualité ».

Sur le site du ministère, la stratégie est présentée ainsi : « Structurée autour de cinq objectifs prioritaires, la stratégie vise à donner envie de pratiquer, rendre accessibles la pratique sportive, les équipements et les événements, accompagner et former les acteurs, renforcer l’observation du parasport et territorialiser l’action publique ».

La page de Mon Parcours Handicap détaille l’axe consacré aux acteurs : « Accompagner et former les acteurs du parasport : éducateurs, entraîneurs, enseignants et personnels éducatifs, personnels médico-sociaux, acteurs du sport-santé, etc ».

Pour les acteurs du handicap, la même page range parmi les actions inscrites dans la stratégie un volet consistant à agir en informant et formant les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) sur les bénéfices de l’activité physique et sportive et les possibilités de pratique, ainsi qu’en déployant les 30 minutes d’activité physique quotidienne à l’ensemble des établissements médico-sociaux en s’appuyant sur le réseau des référents pour l’activité physique et sportive des établissements. Ces 30 minutes figurent donc parmi les actions inscrites dans la stratégie.

Sur l’activité physique adaptée dans ces structures, voir l’article sur l’activité physique adaptée en ESMS. Sur les 30 minutes d’activité physique en établissement, voir l’article sur l’appel breton. Sur le rôle de référent pour l’activité physique et sportive, voir l’article consacré au référent APS en ESMS. Sur la mobilisation d’un ESMS autour du parasport, voir l’article sur l’opération SOP.

Mini-FAQ : handisport, sport adapté et financements de l’État

Quelles fédérations sont concernées par la réponse du ministère ?
Il s’agit des deux fédérations spécialisées, handisport et sport adapté. Le ministère indique qu’elles jouent un rôle essentiel dans l’accompagnement des pratiquants.
Quelle enveloppe de l’ANS vise le matériel et les véhicules adaptés ?
Le ministère évoque l’enveloppe de 2,5 M€, gérée par l’ANS, destinée à l’achat de matériel et de véhicules adaptés.
Que prévoit la stratégie pour les établissements médico-sociaux et les clubs ?
Selon la réponse, la stratégie prévoit notamment de renforcer les coopérations entre les acteurs, de développer les passerelles entre les établissements médico-sociaux et les clubs affiliés aux fédérations sportives.

Sources officielles

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