L’ARS Bretagne lance un appel à projets pour déployer 30 minutes d’Activité Physique Quotidienne (APQ) dans les ESMS accueillant des enfants en situation de handicap. Une déclinaison locale d’un dispositif national né en milieu scolaire, qui interroge directement les pratiques des équipes éducatives et paramédicales en établissement. Décryptage des objectifs, du calendrier et des enjeux pour les professionnels.
Les faits : un appel à projets breton pour intégrer l’activité physique au quotidien
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L’ARS Bretagne a publié un appel à projets qui poursuit trois objectifs explicites : déployer les 30 minutes d’APQ dans les établissements concernés, renforcer, de manière complémentaire, l’offre d’activité physique au sein de ces établissements dans le cadre d’une approche plus globale, et sensibiliser les jeunes, leurs familles et l’équipe éducative à l’intérêt de la pratique de l’activité physique pour la santé. Ce dispositif s’adresse aux établissements médico-sociaux accueillant des enfants en situation de handicap et s’inscrit dans le plan régional Sport-Santé Bien-Être de l’agence.
Les porteurs de projets ont jusqu’à la date limite de dépôt des projets : 28 août 2026, minuit, exclusivement via la plateforme Démarches numériques. Dans son argumentaire, l’ARS Bretagne pose un constat sévère : les évolutions observées en termes d’inactivité physique et de sédentarité sont alarmantes chez les enfants. L’enjeu affiché est d’intégrer au quotidien de l’accompagnement médico-social et de la vie des enfants et des adolescents accueillis en établissement un réflexe « activité physique », plutôt qu’une activité ponctuelle isolée du reste de la prise en charge.
Mise en perspective : une déclinaison d’un dispositif national déjà éprouvé à l’école
Le dispositif des 30 minutes d’APQ n’est pas une invention bretonne. Selon le ministère du Travail et des Solidarités, ce dispositif, déjà mis en place dans le milieu ordinaire depuis 2020 et généralisé en 2022, est désormais étendu aux établissements sociaux et médico-sociaux accueillant des enfants et adolescents. Au niveau national, une communauté de pratiques réunissant plus de 300 référents en établissements et une cinquantaine de référents en ARS et DRAJES a été constituée, avec un objectif affiché de faciliter l’accès au sport en faveur des personnes âgées et des personnes en situation de handicap accompagnées.
La Bretagne n’est pas isolée : l’ARS Centre-Val de Loire présente elle aussi son propre appel à projets comme l’extension du programme des 30 minutes d’activité physique quotidienne dans les structures accueillant des enfants en situation de handicap, dans un cadre national de référence qui s’appuie sur la loi du 2 mars 2022 visant à démocratiser le sport, ainsi que les stratégies nationales Sport-Santé 2025-2030 et Sport et Handicap 2030. Ces appels à projets régionaux successifs confirment qu’il s’agit d’un mouvement piloté nationalement et non d’une initiative isolée. Notre article sur l’activité physique adaptée en ESMS et le sport-santé en 2026 détaille par ailleurs le cadre plus large dans lequel s’inscrivent ces appels à projets régionaux.
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Sur le plan sanitaire, la Haute Autorité de Santé rappelle que 2 sur 3 pratiquent moins de 60 minutes d’activité physique et passent plus de 2 heures devant un écran par jour. Chez les enfants de 3 à 6 ans, la HAS identifie une amélioration de l’état osseux et une réduction de l’adiposité liées à l’activité physique ; pour les 6-17 ans, elle observe une amélioration des résultats cognitifs, des aptitudes cardiorespiratoires et musculaires, et une diminution des facteurs de risque cardio-métabolique, ainsi que l’amélioration de la santé mentale. Plus largement, l’activité physique contribue au maintien de l’autonomie pour les enfants en situation de handicap, tandis que les comportements sédentaires et le manque d’activité physique favorisent la surcharge pondérale.
Impact concret pour les professionnels du secteur
Pour les directions d’ESMS accueillant des enfants handicapés en Bretagne, la fenêtre de candidature (jusqu’au 28 août 2026) impose d’agir vite pour formaliser un projet cohérent avec les trois objectifs de l’appel : déploiement des 30 minutes quotidiennes, renforcement de l’offre existante, et sensibilisation des familles et des équipes. La page de l’ARS Bretagne ne précise ni montant de subvention par projet, ni nombre de structures qui seront retenues : mieux vaut donc contacter l’agence pour cadrer les attentes précises avant de déposer un dossier.
Pour les éducateurs spécialisés, AES et moniteurs d’ateliers en IME et SESSAD, l’enjeu est méthodologique : la HAS rappelle que toute augmentation du niveau d’activité physique, même inférieure aux recommandations de l’OMS, est bénéfique pour la santé et doit être encouragée. Cela signifie que l’objectif n’est pas la performance sportive, mais l’intégration progressive de courtes séquences dans le rythme quotidien de l’établissement — jeux moteurs, ateliers sensori-moteurs, temps de récréation actifs. Notre guide SESSAD : missions, organisation et accès pour les professionnels et notre article sur le déploiement accéléré du PAS et les nouveaux rôles pour les SESSAD et IME permettent de resituer ces temps d’activité physique dans l’organisation globale de l’accompagnement.
Pour les ergothérapeutes et kinésithérapeutes en ESMS, la HAS reconnaît que les programmes en APA, tels que définis par la HAS, sont des thérapeutiques non médicamenteuses validées chez de nombreux patients atteints d’une maladie chronique ou présentant un facteur de risque, chez les personnes en situation de handicap et chez les personnes âgées en perte d’autonomie. Sur le plan réglementaire, les professionnels titulaires d’un diplôme dans le domaine de l’activité physique adaptée (APA) sont seuls habilités à la dispenser, ce qui structure la question du recours à un intervenant APA dédié ou d’une formation complémentaire des équipes déjà en poste. Les fiches métiers de l’ergothérapeute en ESMS handicap détaillent les compétences mobilisables sur ce type de projet.
Pour les familles et les référents qualité, l’appel à projets breton confirme que la sensibilisation des proches fait partie intégrante du dispositif, au même titre que celle des professionnels — un point à intégrer dans les projets personnalisés d’accompagnement des enfants concernés. Il rejoint en cela d’autres démarches de prévention santé financées par les ARS, comme le détaille notre article sur HandiPrév, la prévention santé handicap financée en 2026.
Perspectives : un mouvement appelé à se généraliser
Le calendrier serré du dépôt (28 août 2026) laisse peu de temps aux établissements bretons qui n’auraient pas encore engagé de réflexion. À moyen terme, la multiplication des appels à projets régionaux comparables (Bretagne, Centre-Val de Loire, et d’autres à venir selon la même logique de déploiement national) suggère que l’intégration de temps d’activité physique quotidienne dans les ESMS handicap enfance devrait progressivement devenir un standard attendu plutôt qu’une option, à l’image de ce qui s’est produit en milieu scolaire depuis 2020. Le cadre réglementaire de la prescription d’activité physique adaptée, rappelé par l’Assurance Maladie, s’appuie sur l’article 2 de la loi du 2 mars 2022 et devrait continuer à structurer la manière dont ces temps d’activité s’articulent avec le suivi médical des enfants accompagnés.
Pour les établissements qui n’auraient pas anticipé cette échéance 2026, il reste probable que des vagues ultérieures d’appels à projets similaires soient ouvertes, la dynamique nationale portée par le ministère et les ARS étant conçue pour s’étendre progressivement à l’ensemble du territoire.
Mini-FAQ : l’appel à projets APQ en Bretagne
Quelle est la date limite pour déposer un projet ?
Qui peut dispenser une activité physique adaptée (APA) ?
Ce dispositif est-il propre à la Bretagne ?
Sources officielles et références
- ARS Bretagne — Appel à projets 30 minutes d’APQ dans les ESMS enfants handicap
- Ministère du Travail et des Solidarités — Déploiement de l’activité physique et sportive dans les ESSMS
- ARS Centre-Val de Loire — Appel à projets activité physique et sportive
- HAS — Activité physique : ses bienfaits sur la santé dès le plus jeune âge
- Ameli.fr — Prescription d’activité physique adaptée
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