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Kinésithérapeute en MAS/FAM : fiche métier 2026

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Kinésithérapeute en MAS/FAM : fiche métier 2026

En Maison d’Accueil Spécialisée (MAS) ou en Foyer d’Accueil Médicalisé (FAM), le kinésithérapeute exerce une rééducation profondément différente du cabinet libéral. Sur 109 000 masseurs-kinésithérapeutes diplômés d’État (MKDE) inscrits à l’Ordre en 2024, seulement 15 % exercent en salarié — et les MAS et FAM peinent à attirer ces professionnels. Positionnement, kinésithérapie respiratoire, prévention des complications orthopédiques auprès de personnes en situation de polyhandicap sévère ou de déficience motrice : cette fiche métier détaille les missions concrètes, les conditions d’emploi (CCN66) et les leviers de recrutement pour les directeurs et RH d’ESMS.

Diplôme et cadre réglementaire du MKDE

Le Diplôme d’État de Masseur-Kinésithérapeute (MKDE) confère un grade master (300 ECTS), obtenu en 5 ans après PASS ou L.AS (4 ans en IFMK). Conformément à l’arrêté du 2 septembre 2015, la formation inclut des stages cliniques obligatoires. L’inscription à l’Ordre national des masseurs-kinésithérapeutes est obligatoire avant toute prise de poste salarié.

La Convention Collective Nationale 66 (IDCC 413) s’applique aux MKDE dans les ESMS associatifs. Coefficient de départ : 434, correspondant à environ 1 862 € bruts/mois (valeur du point Nexem : 3,93 € au 1er janvier 2026, sujétion 9,21 %). La progression se fait par paliers d’ancienneté sur 25 ans. Pour les FAM relevant de la CCN 51 (FEHAP), la grille est similaire avec des primes spécifiques.

La loi Rist (20 mai 2023) et le décret n°2024-618 du 27 juin 2024 ouvrent l’accès direct en kinésithérapie pour une expérimentation de 5 ans dans les CPTS. Les MAS et FAM sont explicitement inclus : les MKDE peuvent initier jusqu’à 8 séances sans prescription médicale préalable. Une autonomie professionnelle accrue, à intégrer dans les protocoles internes dès maintenant.

MAS vs FAM : deux structures, deux modes de financement

La distinction MAS/FAM est fondamentale pour structurer le poste de kiné. Retrouvez le fonctionnement général de ces structures dans notre article sur la MAS : fonctionnement, admission et accompagnement en 2026.

  • MAS : accueil d’adultes avec polyhandicap sévère ou déficience lourde nécessitant des soins constants. Financée à 100 % par l’Assurance Maladie (section I, dotation ARS). Le poste de MKDE salarié est donc intégralement couvert : en général 1 ETP pour 30 à 40 résidents selon le niveau de dépendance.
  • FAM : public similaire mais financement bipartite — section soins (ARS/AM) + section hébergement (Conseil Départemental). Le temps de kinésithérapeute peut être salarié à temps partiel ou assuré par un MKDE libéral conventionné, selon les ressources allouées.

Cette différence budgétaire conditionne directement le nombre de postes disponibles et les modalités de recrutement. Dans les deux cas, les enjeux de prévention et de maintien de l’autonomie motrice sont identiques. Le défi du vieillissement précoce en MAS et FAM renforce l’urgence d’une kinésithérapie de maintenance régulière et documentée.

Missions concrètes en MAS et en FAM

Le kinésithérapeute en MAS/FAM pratique une kinésithérapie de maintien, de prévention et de confort — pas une rééducation vers la guérison. La recommandation HAS 2021 sur la paralysie cérébrale constitue la référence de bonnes pratiques pour ce public.

  • Prévention des complications orthopédiques : mobilisations passives et activo-passives quotidiennes pour éviter rétractions musculo-tendineuses, ankyloses et déformations articulaires chez les résidents confinés en fauteuil roulant 24h/24.
  • Positionnement et aides posturales : prescription et adaptation des sièges moulés, coussins anti-escarres, orthèses plantaires et corsets — en coordination avec l’ergothérapeute et les fournisseurs de matériel médical spécialisé.
  • Kinésithérapie respiratoire : désencombrement bronchique (drainage, vibrations, toux assistée) pour les résidents présentant une hypotonie ou des troubles de la déglutition, afin de prévenir les pneumopathies d’aspiration.
  • Gestion de la douleur chronique : évaluation systématique avec les échelles adaptées aux personnes non communicantes (ALGOPLUS, DESS, EVS) ; massages antalgiques et thermothérapie en complément du traitement médicamenteux.
  • Contribution au Projet Personnalisé d’Accompagnement (PPA) : participation aux réunions pluridisciplinaires, rédaction du volet rééducation, définition d’objectifs fonctionnels SMART avec la personne et ses aidants. Consultez le Guide Complet Soins & Paramédical en ESMS 2026 pour le cadre global.
  • Formation des équipes et guidance familiale : apprentissage des techniques de manutention sécurisée aux AES et IDE, information des familles sur les exercices quotidiens entre les séances.
  • Prescription de grand appareillage : rédaction des ordonnances de fauteuils roulants, verticalisateurs, déambulateurs ; suivi et adaptation en lien avec les orthoprothésistes.

Impact par profil professionnel

Directeurs d’ESMS

L’absentéisme en MAS atteint 14,7 % et en FAM 13,5 % (CNSA, publication d’avril 2025) — parmi les niveaux les plus élevés du secteur médico-social. Anticipez les tensions de recrutement en développant des partenariats avec les IFMK locaux pour accueillir des stagiaires de 4e et 5e année. Intégrez la kinésithérapie dans la démarche qualité HAS : les recommandations 2021 et l’avis TER16 d’avril 2024 sont des références opposables lors des évaluations externes. La coordination avec les aides-soignants en MAS pour les transferts et mobilisations quotidiennes est un point clé à documenter dans les protocoles.

Responsables RH

La concurrence du secteur libéral est le défi central : un MKDE libéral gagne en médiane environ 3 500 € nets/mois contre 2 200-2 700 € nets en salarié ESMS. Stratégies de fidélisation :

  • Valider l’ancienneté extérieure (libérale ou autre ESMS) dès la signature du contrat CCN66 — source fréquente de litiges.
  • Financer intégralement le DPC (14 h/an, obligation triennale) : modules polyhandicap, neurologie, positionnement via l’ANDPC.
  • Mettre en avant les avantages du salariat : planning fixe en semaine, absence de gestion de patientèle, travail en équipe pluridisciplinaire et sens fort de la mission.

Kinésithérapeutes en poste

L’exercice en MAS/FAM requiert une expertise spécifique sur laquelle peu d’IFMK forment complètement. Priorités en formation continue :

  • Les recommandations HAS TER16 (4 avril 2024) — nouvelles bonnes pratiques pour la kinésithérapie de l’enfant avec paralysie cérébrale ou polyhandicap : séances de 30 min, fréquence adaptée aux besoins, objectifs fonctionnels documentés.
  • Les échelles d’évaluation non verbale de la douleur (ALGOPLUS, DESS) sont indispensables auprès de résidents sans langage verbal.
  • L’accès direct (décret 2024-618) : une nouvelle prérogative à exercer de manière responsable, avec traçabilité dans le dossier usager.

Le MKDE en ESMS s’inscrit dans une chaîne pluridisciplinaire : en lien avec l’infirmier coordinateur, l’ergothérapeute et les éducateurs. Retrouvez l’ensemble des métiers de l’accompagnement dans notre guide de l’accompagnement éducatif et social en ESMS.

Perspectives : SERAFIN-PH et évolution réglementaire

La réforme SERAFIN-PH (horizon 2025-2030) rénove le financement des ESMS sur la base des besoins individuels. Les actes de kinésithérapie s’inscrivent dans les prestations « Soins somatiques » et « Maintien des capacités fonctionnelles » de la nomenclature. La traçabilité des interventions dans le dossier usager devient un impératif pour justifier les dotations auprès de l’ARS. Référence de données budgétaires : le portail CNSA sur le financement des ESMS publie les dotations annuelles par catégorie d’établissement.

Sources officielles

Quel est le salaire d’un kinésithérapeute en MAS ou FAM ?
En Convention Collective 66 (IDCC 413), le coefficient de départ d’un MKDE est de 434, soit environ 1 862 € bruts/mois (valeur du point Nexem 3,93 € au 1er janvier 2026, sujétion 9,21 %). La carrière progresse par ancienneté sur 25 ans. Ces montants restent inférieurs aux revenus libéraux, ce qui justifie des stratégies de fidélisation spécifiques (DPC financé, avantages liés au salariat).
Un MKDE peut-il intervenir en MAS sans prescription médicale ?
Depuis le décret n°2024-618 du 27 juin 2024, les MKDE en CPTS — dont les MAS et FAM — peuvent réaliser jusqu’à 8 séances sans prescription médicale préalable dans le cadre de l’expérimentation accès direct (5 ans). Les protocoles internes doivent être mis à jour pour encadrer cette pratique.
Quelle différence pour le poste de kiné entre MAS et FAM ?
La principale différence est budgétaire : en MAS, le poste est financé à 100 % par l’Assurance Maladie (dotation soins ARS), permettant généralement un temps plein. En FAM, le financement est bipartite (ARS + Conseil Départemental), ce qui conduit parfois à des postes à temps partiel ou à des interventions de MKDE libéraux conventionnés.

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