Le 7 mai 2026, les ministres de l’Autonomie et du Logement ont présenté une feuille de route conjointe sur l’habitat partagé adapté au vieillissement et au handicap. Fondée sur 25 recommandations du rapport IGAS-IGEDD, elle fixe comme objectif le doublement de l’offre — de 275 000 à plus de 400 000 places — d’ici 2040, avec un investissement estimé à 1,8 milliard d’euros.
La feuille de route : cinq axes prioritaires
Guide pratique : Signaler sans se tromper
Maîtrisez le signalement en établissement du handicap. Distinguez EIG et maltraitance, ciblez le bon destinataire, respectez les délais légaux.
- Conforme au 3133 et formulaire 2026
- Pour direction, AES, chef de service
Publiée sur solidarites.gouv.fr, la feuille de route reprend les conclusions du rapport inter-inspections IGAS-IGEDD. Elle s’articule autour de cinq axes : doublement du parc à horizon 2040, simplification administrative pour les porteurs de projets, lancement de programmes pilotes territoriaux (Caisse des Dépôts), diagnostic fin des besoins par bassin de vie avant fin 2026, et mobilisation de la CNSA pour le financement dès cette année.
Le rapport IGAS-IGEDD anticipe une montée en charge des besoins : les personnes âgées dépendantes pourraient atteindre 2,8 millions en 2050 (+ 700 000 depuis 2021), soit 16,4 % des 75 ans et plus contre 10,4 % actuellement. Face à cette pression démographique, la feuille de route prévoit notamment 120 000 places supplémentaires en résidences autonomie et 48 000 lits « Maisons France Autonomie » pour les personnes très dépendantes. La politique d’autonomie s’articule ici avec les six chantiers du CNH 2026.
Le contexte : une offre de 275 000 places à structurer
L’habitat partagé recouvre plusieurs formules : 120 000 résidents en résidences autonomie, 105 000 en résidences services seniors, 13 000 en résidences intergénérationnelles et 8 000 en habitats inclusifs spécifiques au handicap. Ces données, issues du rapport ministerial, illustrent la diversité d’un secteur encore peu régulé. Notre article sur l’habitat inclusif et le financement AVP détaille le mécanisme d’Aide à la Vie Partagée, seul dispositif de financement de l’animation depuis le 1er janvier 2025.
La CNSA a alloué 37 millions d’euros aux départements via l’AVP en 2023, avec un plafond de 10 000 €/an par résident. Sa participation est désormais dégressive : 80 % jusqu’en 2022, 65 % en 2023-2024, 50 % depuis 2025, ce qui transfère une charge croissante aux conseils départementaux. La feuille de route prévoit une mobilisation accrue de la CNSA pour 2026-2027 afin de compenser cet effet. Pour le cadre de financement global de la branche Autonomie, voir notre article sur la CNSA 2026 : missions et réformes en cours.
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Habitat partagé et habitat inclusif AVP : quelles différences ?
L’habitat inclusif au sens strict de la loi ELAN 2018 est l’une des formes d’habitat partagé, mais les deux notions ne se confondent pas. L’habitat inclusif désigne des logements privatifs avec vie sociale partagée, destinés aux personnes âgées ou handicapées, financés via l’AVP. L’habitat partagé englobe également les résidences autonomie, les résidences intergénérationnelles et les colocations accompagnées, qui relèvent de financements et de réglementations différents. La feuille de route traite de l’ensemble de ce continuum, en proposant une programmation pluriannuelle obligatoire par bassin de vie avant fin 2026.
Impact concret par profil métier
Pour le directeur d’ESMS ou gestionnaire de l’offre : la transition vers un modèle d’habitat partagé accompagné suppose de redynamiser les offres. Moins de places institutionnelles pures, plus de coordination inter-services autour de lieux de vie partagés. Les structures devront former leurs équipes à l’accompagnement décentralisé, et anticiper un rôle de soutien à des résidents sortants vers l’habitat partagé. Notre guide sur le SAVS et SAMSAH décrit les compétences mobilisées dans ce type de configuration.
Pour le travailleur social et le coordinateur autonomie : le diagnostic fin des besoins prévu avant fin 2026 créera un flux d’évaluations pour orienter les personnes vers l’habitat partagé en amont de la perte d’autonomie sévère. Le rôle de repérage et d’évaluation précoce devient central, en lien avec les CCAS — voir notre article sur les missions CCAS en lien avec le handicap. La coordination avec l’animateur AVP (nouveau métier en développement) sera un enjeu pratique immédiat.
Pour les SAVS et SAMSAH : l’habitat partagé devient progressivement un lieu d’intervention à part entière. La feuille de route anticipe des protocoles entre services d’accompagnement et gestionnaires d’habitat partagé pour éviter les doubles suivis et les ruptures lors de l’entrée dans ces structures. Les obligations d’accessibilité des logements concernent aussi bien les structures nouvelles que les aménagements de logements existants pour les personnes à mobilité réduite.
Perspectives : diagnostic 2026 et investissement 2027
L’année 2026 est placée sous le signe du diagnostic : chaque bassin de vie devra cartographier ses besoins en habitat partagé avant fin 2026, en lien avec les conseils départementaux et les ARS. Ce diagnostic conditionnera la programmation des nouvelles places pour 2027-2030. La Banque des Territoires accompagnera les porteurs de projets dans le montage financier des opérations immobilières. Le ciblage de 41 000 logements adaptés via MaPrimeAdapt’ en 2026 s’inscrit dans cette dynamique de transformation du parc existant.
Pour les ESMS dont le projet d’établissement est en cours de révision, intégrer la dimension habitat partagé dans les partenariats territoriaux est désormais incontournable. La simplification administrative annoncée pour les porteurs de projets — dont le contenu réglementaire précis n’est pas encore publié — devrait faciliter l’émergence de nouvelles structures. Les obligations d’accessibilité pour les bâtiments neufs constituent un cadre normatif de référence complémentaire.





