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École inclusive : l’Unapei relance sa campagne #JaiPasEcole

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École inclusive : l’Unapei relance sa campagne #JaiPasEcole

La campagne #JaiPasEcole, relancée par l’Unapei avec sa plateforme marentree.org, remet sur le devant de la scène le non-respect du droit à l’éducation de nombreux enfants en situation de handicap. Un mois plus tôt, le rapport d’information du Sénat sur l’école inclusive avait déjà chiffré l’ampleur du sujet : progression des effectifs scolarisés, hausse du budget dédié, mais délais et besoins non couverts qui persistent pour les familles, les MDPH et les équipes médico-sociales.

Les faits : l’Unapei relance sa campagne #JaiPasEcole

L’Unapei relance sa campagne #JaiPasEcole et sa plateforme http://www.marentree.org pour rappeler que le droit à l’éducation ne peut plus être optionnel. L’association alerte sur une réalité qui persiste malgré les avancées légales : En 2026 des milliers d’enfants en situation de handicap n’accéderont toujours pas à une éducation inclusive qui prenne pleinement en compte leurs besoins. Pour l’Unapei, Leur droit à l’éducation n’est pas respecté. Ce nouvel élan intervient alors que la rentrée scolaire approche, un moment où l’écart entre le droit affiché et la scolarisation effective se fait le plus sentir pour les familles concernées.

Sur la page de lancement de la campagne, l’association détaille des situations concrètes vécues au quotidien : les enfants restent parfois confrontés à une situation d’absence d’AESH, refus d’inscription, scolarisation partielle ou inexistante, exclusion des activités de l’école, notamment pour la cantine ou le périscolaire, à quoi s’ajoutent manque d’adaptations, listes d’attente, orientations inadaptées. Ces obstacles renvoient directement aux démarches décrites dans notre guide sur les démarches et acteurs clés pour inscrire un enfant en situation de handicap à l’école, où figurent les interlocuteurs à mobiliser dès les premiers refus ou retards constatés.

L’Unapei ne se limite pas au constat : des collaborations fructueuses entre acteurs engagés démontrent que c’est possible et des enfants en situation de handicap accèdent à l’école, qu’elle soit classique ou spécialisée. L’objectif porté par la campagne est sans ambiguïté : l’éducation inclusive ne doit plus être une exception territoriale, mais une réalité nationale. Cette ambition rejoint les priorités mises en avant par le rapport sénatorial publié quelques semaines plus tôt.

Les chiffres du rapport sénatorial sur l’école inclusive

Le rapporteur spécial Olivier Paccaud avait présenté devant la commission des finances le mercredi 20 mai 2026 un rapport d’information consacré à l’école inclusive, consultable sur le site du Sénat. Le document dresse un état des lieux chiffré, croisant données de scolarisation, moyens humains et budget consacré à l’inclusion scolaire.

La progression sur longue période est nette : Entre 2006 et 2024, le nombre d’élèves en situation de handicap a augmenté de 219,8 %, représentant 341 478 élèves en situation de handicap supplémentaires. En proportion des effectifs scolarisés, 4,15 % des élèves scolarisés en milieu ordinaire dans le premier et le second degré sont reconnus en situation de handicap en 2024, contre 1,3 % en 2006 et 2,3 % en 2015. Le rapport souligne que le taux de scolarisation en milieu ordinaire des élèves en situation de handicap, passé de 67 % en 2006 à 86,4 % en 2024, doit beaucoup à la loi du 11 février 2005 et aux politiques d’accompagnement mises en œuvre depuis.

Cette hausse des effectifs s’accompagne d’une hausse des moyens humains : 339 444 élèves bénéficient d’un accompagnement humain en 2024, soit une multiplication par 3,6 depuis 2006. Le ministère a ainsi procédé au recrutement de près de 100 000 AESH supplémentaires depuis 2017, ce qui a nourri la crise d’attractivité qui touche aujourd’hui les équipes AESH en ESMS. Plus précisément, La hausse du nombre d’élèves bénéficiant d’un accompagnement humain entre 2013 et 2024 a entrainé une multiplication par 3,3 du nombre d’AESH entre 2017 et 2025, soit une hausse de 97 091 personnels. Cette dynamique traduit à la fois une meilleure reconnaissance du handicap à l’école et une pression croissante sur les moyens d’accompagnement que doivent mobiliser rectorats, MDPH et ESMS partenaires.

Côté budget, Le budget consacré à l’école inclusive s’élève en loi de finances initiale pour 2026 (LFI) à 4,7 milliards d’euros. Le rapport précise qu’au total, 4,7 milliards d’euros sont dédiés à l’inclusion scolaire des élèves en situation de handicap au titre de la loi de finances initiale pour 2026, soit une hausse de 22,7 % par rapport à la LFI 2023, un effort financier qui reste néanmoins à mettre en regard des besoins encore non couverts identifiés par l’Unapei.

Côté MDPH, la demande explose elle aussi : entre 2015 et 2024, le nombre de droits notifiés par les MPDH a été multiplié par 2 , pour atteindre 1,2 millions d’ouvertures de droits. Sur la même période, le nombre de notifications d’aide humaine a été multiplié par 2,7 sur la période. Mais l’obtention effective des moyens notifiés reste retardée : en 2025, le délai pour en disposer, après notification, est de 7,1 semaines au niveau national, et 46,85 % des élèves en situation de handicap dans le premier degré et 41,36 % des élèves en situation de handicap dans le second degré ont redoublé au moins une année de scolarité. Ces indicateurs de délai et de redoublement dessinent, derrière les chiffres globaux, la réalité quotidienne que documente l’Unapei.

Impact concret par profil métier

MDPH : instruire des dossiers en forte hausse

Pour les équipes MDPH, la hausse des sollicitations rejoint directement les constats de l’Unapei : entre 2015 et 2024, le nombre de droits notifiés par les MPDH a été multiplié par 2 , pour atteindre 1,2 millions d’ouvertures de droits. Cette charge accrue rend d’autant plus utile la bonne maîtrise des outils d’évaluation MDPH utilisés pour la scolarisation et du projet personnalisé de scolarisation destiné aux professionnels du médico-social, deux leviers pour fiabiliser l’instruction des dossiers malgré le délai de 7,1 semaines au niveau national constaté après notification. Une instruction plus rapide et mieux outillée limite d’autant les ruptures de parcours signalées par les familles.

Éducateurs, AES et AESH : un accompagnement sous tension

Sur le terrain, l’accompagnement humain repose sur des professionnels dont le profil est désormais bien documenté : 45 ans, c’est l’âge moyen des AESH, qui sont composés à 94 % de femmes. Les AESH travaillent en moyenne 25,5 heures par semaine, soit l’équivalent de 63,4 % d’un temps plein à l’année, une organisation qui nécessite une coordination fine avec les dispositifs qui organisent l’accompagnement AESH au sein des ESMS. La formation reste un point faible identifié par le rapport : 37 % des AESH estiment que la formation initiale est insuffisante et mal adaptée et 53 % dressent le même constat concernant la formation continue. Pour les éducateurs et AES qui travaillent aux côtés des AESH, ce déficit de formation continue pèse directement sur la qualité de l’accompagnement au quotidien.

Directeurs d’ESMS : coordonner avec l’Éducation nationale

Pour les directeurs d’ESMS, l’enjeu est celui de la coopération avec les établissements scolaires, une piste que porte justement le rapport sénatorial, qui précise que le rapporteur formule 9 recommandations, tendant en particulier au renforcement des coopérations avec le secteur médico-social au sein des établissements scolaires. Cette coordination se joue notamment au niveau de la coordination médico-sociale au sein des dispositifs ULIS, où se croisent enseignants, AESH et professionnels du médico-social autour d’un même enfant.

Assistants sociaux : orienter des familles en difficulté

Face à des familles confrontées à une scolarisation partielle ou inexistante ou à un manque d’adaptations, listes d’attente, orientations inadaptées, les assistants sociaux jouent un rôle d’orientation déterminant. Ils s’appuient utilement sur les repères présentés dans notre article sur les démarches et acteurs clés pour inscrire un enfant en situation de handicap à l’école pour aider les familles à faire valoir leurs droits et à identifier les bons interlocuteurs.

Perspectives : recommandations du Sénat et mobilisation de l’Unapei

Sur le fond, le rapporteur formule 9 recommandations, tendant en particulier au renforcement des coopérations avec le secteur médico-social au sein des établissements scolaires, une orientation cohérente avec l’appel de l’Unapei à ce que l’éducation inclusive ne doit plus être une exception territoriale, mais une réalité nationale. L’association insiste sur le fait que des collaborations fructueuses entre acteurs engagés démontrent que c’est possible et des enfants en situation de handicap accèdent à l’école, qu’elle soit classique ou spécialisée, à condition que les moyens humains suivent la progression des besoins identifiés par le Sénat. Entre la mobilisation associative et les recommandations parlementaires, l’enjeu commun reste le même : transformer une dynamique de moyens en croissance en une réponse effective pour chaque enfant concerné, quel que soit son territoire.

Mini-FAQ : école inclusive et campagne #JaiPasEcole

Qu’est-ce que la campagne #JaiPasEcole de l’Unapei ?
L’Unapei relance sa campagne #JaiPasEcole et sa plateforme http://www.marentree.org pour rappeler que le droit à l’éducation ne peut plus être optionnel.
Combien d’élèves bénéficient d’un accompagnement humain à l’école ?
339 444 élèves bénéficient d’un accompagnement humain en 2024, soit une multiplication par 3,6 depuis 2006. Ce chiffre s’explique notamment par le fait que Le ministère a ainsi procédé au recrutement de près de 100 000 AESH supplémentaires depuis 2017.
Que recommande le rapport du Sénat sur l’école inclusive ?
Le rapport indique que le rapporteur formule 9 recommandations, tendant en particulier au renforcement des coopérations avec le secteur médico-social au sein des établissements scolaires.

Sources officielles

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