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26 mai 2026 : le guide J-7 des directeurs d’ESMS face à la mobilisation

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26 mai 2026 : le guide J-7 des directeurs d’ESMS face à la mobilisation

Le 26 mai 2026, les professionnels du secteur social et médico-social appellent à une mobilisation interprofessionnelle pour réclamer des revalorisations salariales et des créations de postes. À une semaine de l’échéance, voici le guide opérationnel pour les directeurs d’ESMS : obligations légales, continuité des soins, communication et leviers d’action à activer dès maintenant.

Pourquoi cette mobilisation est structurelle, pas conjoncturelle

La mobilisation du 26 mai 2026 s’inscrit dans une série de mouvements sociaux qui ont marqué le secteur médico-social depuis début 2026. Le 10 mars, une première mobilisation interprofessionnelle avait réuni des professionnels des structures sociales et médico-sociales dans plusieurs grandes villes. La dynamique s’est depuis élargie : cinq organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO et SUD) appellent désormais à amplifier la mobilisation le 26 mai, selon Le Media Social.

Ce mouvement n’est pas conjoncturel. Il traduit une dégradation structurelle des conditions de travail et de rémunération que les données confirment année après année. Le baromètre Axess 2026, publié en avril, recense 28 000 postes vacants dans le secteur, un taux de vacance moyen de 5,7 % et un turnover de 13,5 %. Plus de 87 % des structures déclarent des difficultés de recrutement durables.

Du côté des directeurs eux-mêmes, l’enquête FNADEPA de mai 2026 révèle que 85 % se déclarent en état d’épuisement professionnel et que 40 % envisagent de quitter leur poste dans les trois ans. Notre article sur l’alerte FNADEPA sur l’épuisement des directeurs d’ESMS détaille ces données.

Ce que les professionnels réclament : les revendications portées le 26 mai

La conférence salariale interprofessionnelle du 18 février 2026 n’a accordé qu’un glissement vieillesse-technicité (GVT) de +0,9 %, sans enveloppe salariale structurelle. Les organisations syndicales estiment ce taux insuffisant face à une inflation cumulée d’environ 13 % depuis 2022 et une revalorisation du SMIC de +12,4 % sur la même période — créant un décrochage salarial réel pour de nombreux professionnels des conventions collectives BASS, CCN 66 et CCN 51.

Les principales revendications portées pour le 26 mai convergent autour de trois axes :

  • Revalorisation salariale : rattrapage de la perte de pouvoir d’achat depuis le gel de la valeur du point conventionnel de juillet 2022 et augmentation de l’enveloppe de rémunération dans les prochains CPOM.
  • Créations de postes : résorption des 28 000 postes vacants documentés, financement de ratios d’encadrement suffisants pour garantir la qualité des accompagnements et la sécurité des professionnels.
  • Conditions de travail : reconnaissance de la pénibilité, développement de la formation continue, accès à la mobilité interne et à la VAE pour les professionnels de terrain.

Le contexte est documenté en détail dans notre article sur la mobilisation du 26 mai et les 28 000 postes vacants, publié en avril 2026. Les trois rapports IGAS 2026 sur la crise RH des ESMS fournissent le référentiel de diagnostic officiel sur lequel s’appuient les revendications.

Droit de grève en ESMS privé : ce que dit la loi

Dans les ESMS du secteur privé associatif (CCN 66, CCN 51, BASS), le droit de grève est garanti constitutionnellement. Contrairement aux établissements relevant directement du service public hospitalier (FPH), les ESMS privés ne sont pas soumis à une obligation légale de service minimum stricto sensu.

Plusieurs obligations s’imposent néanmoins aux directions :

  • Obligation de sécurité : quelle que soit la situation sociale, l’établissement reste responsable de la sécurité physique et morale des personnes accueillies. En cas de grève, des mesures organisationnelles suffisantes doivent garantir la continuité de la prise en charge des résidents les plus vulnérables.
  • Préavis légal : dans les structures assurant une mission de continuité du service public (délégataires), un préavis de grève de cinq jours francs doit être déposé par les syndicats représentatifs avant tout arrêt de travail.
  • Dialogue social : la direction a l’obligation d’ouvrir des négociations de bonne foi dès la réception d’un préavis, et doit pouvoir présenter sa position sur les revendications portées.

En pratique, l’essentiel de la responsabilité du directeur réside dans l’anticipation organisationnelle — pas dans une impossible neutralisation du mouvement social. C’est dans ce même esprit de préparation que la charte accompagnants aux urgences signée en mai 2026 invite les directeurs d’ESMS à formaliser leurs protocoles de transfert hospitalier avant l’été.

Guide opérationnel : 5 actions prioritaires avant le 26 mai

  • 1. Vérifier la réception d’un éventuel préavis de grève : contactez les délégués syndicaux pour savoir si un préavis a été formellement déposé. Un préavis non reçu ne dispense pas d’anticiper la situation, mais il conditionne l’applicabilité de certaines procédures légales. En l’absence de préavis formel, une concertation informelle avec les représentants du personnel reste possible et souvent préférable.
  • 2. Activer le plan de continuité d’activité (PCA) : le PCA doit identifier les unités ou sections qui ne peuvent pas fonctionner en effectif réduit (accompagnement de personnes en situation de grande dépendance, distribution de médicaments, soins médicaux urgents) et prévoir les ressources de substitution — personnel d’astreinte, recours temporaire à l’intérim, renfort bénévole encadré.
  • 3. Informer les familles de manière proactive : les familles doivent être informées dès que le mouvement social est probable, même sans certitude. Un message sobre et factuel — mentionnant que des mesures de continuité sont en place — évite l’inquiétude et les appels massifs le jour J.
  • 4. Organiser un temps d’échange avec les équipes avant le 26 mai : une réunion courte (30 à 45 minutes) permettant à chacun d’exprimer ses préoccupations, d’entendre la position de la direction sur les revendications et de clarifier les modalités du 26 mai. Cet espace de dialogue réduit les tensions et évite les malentendus. Il ne s’agit pas de convaincre, mais d’écouter.
  • 5. Préparer un argumentaire CPOM fondé sur les données RH : la mobilisation est une opportunité de renforcer le dossier à destination de l’ARS. Le baromètre Axess 2026, les rapports IGAS et l’enquête FNADEPA constituent des sources officielles pour étayer une demande de révision budgétaire ou de renforcement des ratios d’encadrement dans le cadre du renouvellement du CPOM.

Après le 26 mai : transformer la mobilisation en levier de gestion

Une mobilisation sociale bien gérée peut renforcer, paradoxalement, la crédibilité d’un directeur d’ESMS vis-à-vis des financeurs. Les données produites par le mouvement (taux de participation, postes concernés, services impactés) documentent concrètement la tension RH de l’établissement — un argument objectif pour les négociations budgétaires suivantes.

Plusieurs leviers peuvent être mobilisés dans les semaines qui suivent :

  • Saisir l’ARS d’une demande de revoyure budgétaire en s’appuyant sur les données du baromètre Axess 2026 et les rapports IGAS, en complément des indicateurs internes de vacance de postes et de turnover.
  • Ouvrir ou relancer la négociation sur le plan de développement des compétences et les parcours VAE pour les professionnels de terrain — un levier non salarial reconnu par les rapports IGAS comme facteur de fidélisation. Notre article sur les leviers QVCT face à la détresse des professionnels liste les actions concrètes.
  • Mettre à jour le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) pour intégrer les risques psychosociaux documentés. Notre guide RPS en ESMS propose une trame opérationnelle.
  • Utiliser la mobilisation comme point d’entrée au Comité Social et Économique (CSE) pour ouvrir une négociation annuelle obligatoire sur la rémunération, dès lors que le seuil légal de déclenchement est atteint.

Sources : Le Media Social — appel à la mobilisation 26 mai 2026 | Le Media Social — conférence salariale 18 février 2026 | Appel intersyndical 26 mai

Les ESMS privés sont-ils soumis à un service minimum obligatoire le 26 mai ?
Non, les ESMS du secteur privé associatif ne sont pas soumis à une obligation légale de service minimum stricte. En revanche, l’établissement reste responsable de la sécurité physique et morale des personnes accueillies, quelle que soit la situation sociale. Des mesures organisationnelles suffisantes doivent garantir la continuité minimale de la prise en charge des résidents les plus vulnérables.
Comment utiliser la mobilisation du 26 mai pour renforcer son dossier CPOM ?
Les données produites par la mobilisation (taux de participation, services concernés, postes non pourvus) documentent concrètement la tension RH de l’établissement. Associées au baromètre Axess 2026 (28 000 postes vacants, 87 % de structures en difficulté) et aux rapports IGAS 2026, elles constituent un argumentaire solide pour demander une revoyure budgétaire ou un renforcement des ratios d’encadrement dans le prochain CPOM.
Faut-il informer les familles de la mobilisation prévue le 26 mai ?
Oui, une information proactive et sobre est fortement recommandée. Les familles doivent savoir que des mesures de continuité sont en place et que la direction anticipe la situation. Un message factuel en amont évite l’inquiétude et les appels massifs le jour de la mobilisation. Cette communication relève de la responsabilité du directeur, indépendamment de toute obligation légale.

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