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Professionnels du social 2024 : 1,16 million d’emplois en France

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Professionnels du social 2024 : 1,16 million d’emplois en France

La DREES a publié le 12 mai 2026 une mise à jour de ses données sur les professionnels du social en France. 1 160 000 professionnels du social exercent en France en 2024, représentant une hausse de 1 % depuis 2023. Derrière ce chiffre, la publication révèle des dynamiques structurelles importantes pour les directeurs et responsables RH des ESMS : pyramide des âges vieillissante, temps partiel contraint surreprésenté et écart de qualification par rapport aux autres secteurs. Les données portent sur la France hors Mayotte, basées sur l’enquête emploi en continu de l’INSEE (moyenne 2023-2024-2025).

Les aides à domicile en tête, les AESH en forte progression

Le secteur social recouvre une grande diversité de métiers. Les aides à domicile constituent 41 % des effectifs avec 474 000 personnes, faisant de ce métier le plus représenté du secteur. En deuxième position, les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) représentent 12 % des professionnels du social, un chiffre qui reflète la montée en puissance de l’inclusion scolaire ces dernières années.

Ces deux catégories ont des profils et des conditions d’emploi très différents, ce qui justifie que la DREES présente certains indicateurs « hors AESH » pour rendre compte des spécificités de chaque sous-ensemble professionnel.

Un secteur très féminisé et à la pyramide des âges préoccupante

La féminisation du secteur social est massive : 86 % des professionnels du social sont des femmes (hors AESH), l’un des taux les plus élevés de l’économie française.

Plus préoccupant pour les gestionnaires d’ESMS : 41 % des professionnels du social ont plus de 50 ans, contre 32 % dans les autres secteurs d’emploi. Ce vieillissement accentué alimente directement les tensions de recrutement que connaissent les établissements depuis plusieurs années. Face à des départs à la retraite prévisibles et massifs, les directions doivent anticiper les besoins en recrutement et en transmission des compétences. Pour approfondir ce sujet, consultez notre guide sur la crise d’attractivité du médico-social et les leviers de fidélisation disponibles.

Qualification : un secteur en deçà de la moyenne nationale

Sur le plan de la qualification, 21 % des professionnels du social disposent d’un diplôme d’enseignement supérieur, comparé à 46 % des autres personnes en emploi. Cet écart de 25 points s’explique en partie par la prépondérance des aides à domicile et des profils peu ou pas diplômés dans certains sous-secteurs. Il signale également un potentiel de montée en compétences important, notamment via le CPF, les contrats de professionnalisation et les plans de formation.

Pour les établissements souhaitant structurer leur politique de formation, notre article sur le plan de formation en médico-social et celui sur les dispositifs de financement (CPF, OPCO Santé, Transitions Pro) fournissent des repères pratiques.

Le temps partiel contraint : un enjeu de fidélisation majeur

Le temps partiel est une réalité structurelle du secteur social. 44 % des professionnels du social travaillent à temps partiel dans leur emploi principal, contre 16 % des personnes en emploi dans les autres secteurs travaillent à temps partiel. La donnée la plus préoccupante est cependant la nature de ce temps partiel : 28 % des professionnels du social travaillent à temps partiel faute d’avoir trouvé un emploi à temps complet, une proportion huit points supérieure à celle des autres secteurs.

Ce temps partiel contraint est un facteur direct de précarité économique, de turn-over et de désengagement. Il contribue à l’attractivité dégradée du secteur, notamment auprès des jeunes diplômés qui recherchent des contrats à temps plein. Les établissements qui parviennent à proposer des postes à temps complet — quitte à mutualiser les heures entre plusieurs services — disposent d’un avantage concurrentiel réel sur le marché de l’emploi médico-social. Voir aussi notre article sur les leviers QVCT face à la détresse des professionnels.

Répartition par employeur : le poids du secteur associatif

Le secteur social est dominé par le tissu associatif. 37 % des professionnels du social (hors AESH) sont employés par des associations, confirmant la place centrale des opérateurs associatifs dans l’accompagnement social et médico-social. 26 % sont employés par des entreprises privées, une proportion en progression, notamment dans le secteur de l’aide à domicile.

Le reste des effectifs se répartit entre les collectivités territoriales (principalement les conseils départementaux, au titre de l’action sociale), les établissements publics médico-sociaux et les structures d’État. Cette diversité d’employeurs implique des conventions collectives et des conditions de travail très hétérogènes, ce qui complique toute politique sectorielle uniforme. Notre article sur la réforme des formations travail social apporte un éclairage sur les évolutions réglementaires en cours.

Questions fréquentes sur les professionnels du social en France

Que comprend exactement le périmètre « professionnels du social » selon la DREES ?
La DREES inclut dans ce périmètre l’ensemble des professions dont l’activité principale est l’accompagnement social : aides à domicile, AESH, éducateurs spécialisés, assistants de service social, moniteurs-éducateurs, AES/AMP, conseillers en insertion professionnelle, assistants familiaux, etc. Les professions paramédicales (infirmiers, aides-soignants) relèvent d’un autre périmètre statistique.
Pourquoi les données DREES sont-elles présentées hors AESH pour certains indicateurs ?
Les AESH ont un statut particulier (agents contractuels de l’Éducation nationale) et des conditions d’emploi très spécifiques (temps partiel quasi-systématique, statut précaire, employeur unique : l’État). Leur inclusion dans certains indicateurs fausserait les données relatives aux professionnels employés par des associations, entreprises ou collectivités, d’où le choix de la DREES de présenter ces données « hors AESH ».
Comment les ESMS peuvent-ils agir face au vieillissement de leurs équipes ?
Plusieurs leviers existent : cartographie prévisionnelle des départs à la retraite sur 3-5 ans, développement des parcours de formation continue et de VAE pour les profils moins qualifiés, création de référents seniors pour la transmission des savoirs, et partenariats renforcés avec les centres de formation en travail social (IRTS, IRFSS) pour anticiper les besoins de recrutement.

Source officielle : DREES — Professionnels du social en France, publication du 12 mai 2026.

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