Accessibilité & Logement

PCH aménagement du logement : calcul en deux étages et dossier

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PCH aménagement du logement : calcul en deux étages et dossier

PCH aménagement du logement : un professionnel qui confond le tarif par nature de dépense et le taux de prise en charge selon les ressources annonce presque toujours un montant faux à la personne accompagnée. Le calcul de cet élément de la prestation de compensation du handicap tient en deux étages indépendants, appliqués l’un après l’autre et non l’un à la place de l’autre. Cet article détaille ces deux étages, leurs plafonds respectifs, puis la constitution du dossier — évaluation, devis, visite, décision, versement — pour les assistants de service social, ergothérapeutes et coordinateurs de parcours qui accompagnent une demande à domicile.

Ce que couvre réellement l’aménagement du logement dans la PCH

La prestation de compensation du handicap comprend un élément spécifiquement Liées à l’aménagement du logement et du véhicule de la personne handicapée, ainsi qu’à d’éventuels surcoûts résultant de son transport. Concrètement, le décret d’application précise que sont pris en compte les frais d’aménagements du logement, y compris consécutifs à des emprunts, qui concourent à maintenir ou améliorer l’autonomie de la personne handicapée par l’adaptation et l’accessibilité du logement — qu’il s’agisse d’un accès de plain-pied, d’une salle d’eau adaptée ou d’une sécurisation du logement contre les chutes et accidents domestiques.

Le texte prévoit aussi le cas où la personne handicapée n’habite pas chez elle : L’aménagement du domicile de la personne qui l’héberge peut être pris en charge au titre de l’élément de la prestation relevant du 3° de l’article L. 245-3 lorsque la personne handicapée a sa résidence chez un ascendant, un descendant ou un collatéral jusqu’au quatrième degré. Ce cas de figure concerne fréquemment les jeunes adultes hébergés chez un parent ou un frère.

Le déménagement, en revanche, n’est pas une option ouverte par défaut : les coûts qu’il entraîne ne sont mobilisables que lorsque l’aménagement du logement est impossible ou jugé trop coûteux au vu de l’évaluation réalisée par l’équipe mentionnée à l’article L. 146-8. Autrement dit, un déménagement ne se finance pas parce que la famille le préfère : il se finance parce que l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH a constaté, à l’issue de son évaluation, que l’adaptation du logement existant est impossible ou trop coûteux et que, selon les termes de la fiche officielle, « vous faites le choix de déménager dans un logement répondant aux normes d’accessibilité ». Dans ce cas précis, la prise en charge des frais de déménagement et d’installation est d’au maximum 3 000 € par période de 10 ans — un plafond distinct de celui de l’aménagement proprement dit.

Cet article porte sur la PCH à domicile. Il ne couvre pas l’APA, et il ne traite pas l’aménagement des locaux d’un établissement médico-social : pour la compensation du handicap en EHPAD, les leviers de financement répondent à d’autres règles. Pour une vue d’ensemble des droits sociaux liés au handicap, y compris les autres éléments de la PCH, notre guide pratique sur l’AAH, la PCH et les aides handicap reste la référence générale.

Le calcul en deux étages : tarif dégressif puis taux selon les ressources

Le code de l’action sociale et des familles pose le principe : la prestation est accordée, pour une durée d’attribution unique et renouvelable, sur la base de tarifs et de montants fixés par nature de dépense, dans la limite de taux de prise en charge qui peuvent varier selon les ressources du bénéficiaire. Ce sont deux mécanismes distincts, et c’est précisément là que se loge l’erreur la plus fréquente : appliquer le taux de ressources à l’intégralité de la facture, sans tenir compte du tarif dégressif propre à la dépense.

Le premier étage — le tarif — dégresse au-delà d’un premier seuil de dépense, quel que soit le niveau de ressources du bénéficiaire. Le second étage — le taux de prise en charge — dépend, lui, des ressources : les dépenses sont prises en charge à 100 % de leur tarif si vos ressources annuelles sont inférieures ou égales à 31 162,62 €, ou 80 % si elles sont supérieures. Le tableau ci-dessous croise les deux étages pour l’aménagement du logement.

Tranche de dépenseRessources au niveau ou en dessous du seuil (taux plein)Ressources au-dessus du seuil (taux réduit)
Travaux jusqu’à 1 500 €À 100 % dans la limite de 10 000 € par période de 10 ansÀ 80 % dans la limite de 10 000 € par période de 10 ans
Travaux supérieurs à 1 500 €À 50 % dans la limite de 10 000 € par période de 10 ansÀ 50 % dans la limite de 10 000 € par période de 10 ans

Lecture du tableau : au taux plein, la couverture intégrale ne joue que sur la première tranche de dépense. Passé ce seuil, le taux appliqué devient le même que pour une personne au taux réduit. Le plafond global, lui, ne change pas : le montant total attribuable au titre de cet élément est de 10 000 EUR pour l’aménagement du logement pour toute période de dix ans — un plafond propre à cet élément, à ne pas confondre avec celui de l’aménagement du véhicule et des surcoûts de transport, qui relève d’une ligne distincte et a été revalorisé depuis.

Reste à définir l’assiette de ressources qui détermine le taux. Deux règles à connaître avant d’orienter une famille : Sont exclus des ressources retenues pour la détermination du taux de prise en charge mentionné à l’alinéa précédent, notamment, les revenus d’activité professionnelle de l’intéressé — autrement dit, les revenus tirés d’un emploi n’entrent pas dans le calcul du taux. Ce point mérite d’être croisé avec les règles de cumul entre l’AAH et la PCH, souvent mal connues des bénéficiaires eux-mêmes. Par ailleurs, Les ressources prises en compte pour la détermination du taux de prise en charge sont les ressources perçues au cours de l’année civile précédant celle de la demande : un changement de situation en cours d’année ne modifie donc pas le taux avant la demande suivante.

Sur le plan administratif, Le président du conseil départemental applique le taux de prise en charge mentionné à l’article L. 245-6, mais « Ce taux est fixé par arrêté du ministre chargé des personnes handicapées » : le conseil départemental n’a pas de marge de négociation sur ce paramètre, seulement sur l’instruction du dossier.

Qui fait quoi : assistant de service social, ergothérapeute, coordinateur de parcours

L’assistant de service social sécurise l’entrée du dossier : il rappelle dès le premier entretien que La compensation couvre les frais réels et que la famille devra donc fournir des justificatifs (devis, factures) avant tout versement. Une check-list pour adapter un logement PMR aide à cadrer la nature des devis à demander dès ce stade, avant même la visite d’évaluation.

L’ergothérapeute intervient ensuite pour l’évaluation technique du logement, dans le cadre de l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH. Une check-list d’accessibilité du logement et une bonne préparation de la visite d’ergothérapeute à domicile réduisent le risque d’allers-retours entre le devis initial et le devis finalement retenu. Pour aller plus loin sur ce métier, voir notre fiche métier ergothérapeute en ESMS.

Le coordinateur de parcours, lui, articule l’aménagement du logement avec les autres aides mobilisées pour la personne. Un cas particulier à connaître pour les enfants suivis en SESSAD ou en IME : si vous percevez l’AEEH accompagnée de son complément, la PCH peut être attribuée uniquement pour l’aide liée à l’aménagement du logement ou du véhicule ou surcoûts liés au transport. Le coordinateur doit donc vérifier ce statut avant d’orienter la famille sur un volet de la PCH plutôt qu’un autre. Sur le maintien à domicile et la coordination des aides, notre article dédié détaille ce rôle d’articulation au quotidien.

Monter le dossier : étapes, devis, décision et délais

La procédure suit un enchaînement précis. À la réception du dossier, la MDPH délivre un accusé de réception à la personne. À la suite au dépôt de la demande et à son instruction administrative, le dossier est transmis à l’équipe pluridisciplinaire chargée de l’évaluation — c’est cette équipe qui organisera la visite d’ergothérapeute et qui statuera sur l’éventuelle impossibilité d’aménager le logement existant.

Le calendrier réel peut s’étirer. Un dossier étudié par l’IGAS le montre : « En juin 2022, la MDPH demande deux devis, en fixant un délai de transmission de deux mois, difficilement tenable » pour la famille. Ce type de délai contraint explique pourquoi l’assistant de service social a intérêt à engager la collecte des devis dès le dépôt du dossier, sans attendre la convocation de l’équipe pluridisciplinaire. Dans ce même dossier, A la suite de leur transmission, une visite de l’ergothérapeute a lieu en septembre 2022 : l’évaluation technique ne précède donc pas les devis, elle s’appuie dessus.

Autre point de vigilance à anticiper avec la famille : l’écart entre le coût réel des travaux et le plafond légal. Toujours dans ce dossier, La CDAPH retient un montant de travaux de 40 000€ et un plafond de financement de l’ordre de 10 000€ — un écart qui illustre concrètement le plafond décennal décrit plus haut, et qu’il vaut mieux annoncer à la famille avant la décision plutôt qu’après.

Sur la décision elle-même, deux règles protègent le bénéficiaire. D’une part, Les décisions de la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées mentionnée à l’article L. 241-5 indiquent pour chacun des éléments de la prestation de compensation attribués : 1° La nature des dépenses pour lesquelles chaque élément est affecté : le dossier de décision précise donc explicitement à quoi correspond chaque somme. D’autre part, en cas de renouvellement partiel : « Lorsqu’une décision ne mentionne pas un élément déjà attribué par une décision précédente en cours de validité, le droit à cet élément est maintenu » — un point à vérifier systématiquement avant de conclure, à tort, qu’un droit a été supprimé.

Sur le plan des délais : « En 2023, le délai moyen de traitement de la PCH est de 5,9 mois », tous éléments confondus. Un dossier d’aménagement du logement, qui suppose devis et visite d’évaluation, se situe rarement en deçà de cette moyenne.

Reste à charge et articulation avec les autres aides

L’écart entre plafond PCH et coût réel des travaux se traduit presque toujours par un reste à charge. Dans le dossier étudié par l’IGAS évoqué plus haut, face à ce reste à charge : « Une démarche de mobilisation du fonds de compensation est engagée » en complément de la PCH. C’est un réflexe à intégrer systématiquement dès que le devis dépasse le plafond décennal.

À cela s’ajoutent des dispositifs qui ont récemment changé de nom : les anciennes aides de la Cnav pour l’adaptation du logement n’existent plus en tant que telles : « Ces aides sont remplacées par MaPrimeAdapt’ ou le crédit d’impôt pour les travaux d’équipement pour personne en situation de handicap ou âgée en perte d’autonomie ». Pour un professionnel qui monte un plan de financement, l’enjeu est d’articuler la PCH avec ces dispositifs plutôt que de les traiter comme des solutions concurrentes — voir notre article sur MaPrimeAdapt’ pour financer l’adaptation du logement.

À l’échelle nationale, les montants restent modestes au regard du coût des travaux lourds. La CNSA publie, pour cet élément, la ligne suivante dans ses statistiques : « Aménagement du logement (ponctuel) 3 335 » euros de montant moyen attribué. C’est loin du plafond décennal évoqué plus haut. Une moyenne ne dit rien de la dispersion des dossiers, mais elle situe l’ordre de grandeur courant très en deçà du maximum théorique.

Mini-FAQ : PCH aménagement du logement

Le taux de prise en charge s’applique-t-il à la totalité des travaux d’aménagement du logement ?
Non. Le taux calculé selon les ressources ne s’applique qu’à la première tranche de dépense ; au-delà, un taux réduit s’applique quel que soit le niveau de ressources, comme expliqué dans la section sur le calcul en deux étages.
Les frais de déménagement sont-ils toujours couverts par la PCH aménagement du logement ?
Non, seulement lorsque l’aménagement du logement s’avère impossible ou trop coûteux au vu de l’évaluation de l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, comme détaillé plus haut dans l’article.
Combien de temps faut-il compter pour obtenir une décision de PCH aménagement du logement ?
Le délai varie selon les départements et la complexité du dossier, notamment lorsqu’il faut réunir des devis et organiser une visite d’évaluation ; voir la section sur le calendrier de traitement pour une estimation plus précise.

Sources officielles

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