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GEM : cadre, financement et rôle dans l’accompagnement 2026

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GEM : cadre, financement et rôle dans l’accompagnement 2026

Les groupes d’entraide mutuelle (GEM) poursuivent leur déploiement sur tout le territoire. Le dernier rapport annuel publié par la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) en octobre 2025 recense 691 GEM en 2023, financés à hauteur de 72 915 174 euros délégués par la CNSA. Dispositifs de pair-aidance non médicalisés, les GEM constituent un maillon désormais incontournable du parcours des personnes vivant avec un handicap psychique ou un trouble du spectre de l’autisme. Tour d’horizon de leur cadre, de leur financement et de leur place pour les professionnels du médico-social.

Un dispositif né de la loi de 2005, piloté par la CNSA et les ARS

Les GEM ne sont pas une nouveauté, mais leur rôle s’est consolidé. Introduits par la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, ils figurent parmi les mesures de compensation du handicap énoncées par l’article L. 114-1-1 du Code de l’action sociale et des familles. Leur point commun avec les établissements médico-sociaux s’arrête là : il ne s’agit pas de structures médico-sociales, ils ne délivrent ni soins ni prestations, et surtout, l’adhésion au GEM ne nécessite pas pour la personne concernée une reconnaissance du handicap par une décision de la MDPH. Cette absence de barrière administrative est l’une des spécificités majeures du dispositif, comme le rappelle le portail du ministère chargé du Handicap dans sa présentation de l’ouverture des groupes d’entraide mutuelle.

Sur le plan du pilotage, le transfert du pilotage et du financement des GEM à la CNSA et aux ARS a structuré le dispositif autour d’un acteur national (la CNSA) et de relais régionaux (les agences régionales de santé). Le cadre de fonctionnement, lui, est fixé par l’arrêté du 27 juin 2019 fixant le cahier des charges des groupes d’entraide mutuelle, qui impose notamment des plages d’accueil proposées d’au moins trente-cinq heures hebdomadaire et une cible de 20 adhérents minimum au terme de la première année de fonctionnement.

Un financement public multiplié par quinze depuis 2005

La trajectoire budgétaire illustre la montée en puissance du dispositif : le montant alloué par la CNSA aux GEM a été multiplié par 15, passant de 4 349 540 euros en 2005 à 72 915 174 euros en 2023. La subvention moyenne progresse en conséquence, pour atteindre 95 993 euros par GEM en 2023. L’essentiel des fonds transite par les agences régionales : la subvention de l’ARS demeure la principale source de financement des GEM en 2022 et en 2023, représentant 93 % de leurs ressources.

Ce financement reste conditionné à des règles strictes. Les GEM peuvent bénéficier d’un financement de la CNSA à condition que les GEM respectent le cahier des charges défini par l’arrêté ministériel. Concrètement, les agences déclinent ces crédits par appels à candidatures régionaux. À titre d’illustration, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, qui pilote les groupes d’entraide mutuelle de la région, a prévu dans un de ses appels à candidatures qu’il sera alloué un budget annuel de 83 000 euros pour la mise en place d’un GEM Psy pour le territoire concerné. Au 1er janvier 2025, la région auvergne Rhône Alpes compte 74 GEM de 11 à 133 adhérents, signe d’une densité variable selon les territoires.

Handicap psychique, autisme : des publics qui se diversifient

Historiquement tournés vers les troubles psychiques, les GEM s’ouvrent à d’autres publics. Les chiffres de la CNSA confirment que les GEM s’adressent principalement aux personnes présentant des troubles psychiques, soit 57 % en 2022. Mais le déploiement à destination des personnes autistes s’accélère : 79 départements sur 100 sont désormais dotés d’au moins un GEM spécialisé pour le public TSA en 2023. Cette diversification s’appuie sur l’arrêté du 27 juin 2019 fixant le cahier des charges des groupes d’entraide mutuelle qui a étendu le public accueilli. Les enjeux d’accompagnement spécifique aux troubles du spectre autistique font d’ailleurs l’objet de recommandations régulièrement actualisées, comme le rappelle notre article sur la façon dont la HAS actualise ses recommandations autisme pour les ESMS.

La fréquentation traduit l’utilité sociale du dispositif : 55 284 personnes ont fréquenté les GEM au cours de l’année 2022 et 61 192 en 2023. Le principe reste constant : la fonction première du GEM est de rompre l’isolement et de favoriser le lien social, à l’intérieur comme à l’extérieur du collectif. Cette logique de lien social complète, sans s’y substituer, les dispositifs d’accompagnement plus structurés que nous détaillons dans notre guide d’accès au SAVS (service d’accompagnement à la vie sociale).

Ce que les GEM changent pour les professionnels du médico-social

Pour les chefs de service et directeurs d’ESMS, le GEM représente une ressource de proximité vers laquelle orienter les personnes accompagnées, notamment au moment des transitions (sortie d’hospitalisation, rupture de parcours). Comprendre son fonctionnement associatif permet d’identifier les bons relais : en 2022 et en 2023, la moitié des GEM sont parrainés par une structure ayant la forme juridique d’une association, et 92 % des GEM travaillent en partenariat avec le milieu associatif. Un établissement médico-social peut ainsi jouer un rôle de parrain.

Pour les éducateurs spécialisés, AES et psychologues, le GEM incarne une approche fondée sur la pair-aidance et le pouvoir d’agir, qui interroge les postures professionnelles classiques. Les GEM, fondés sur les principes de la pair-aidance et du pouvoir d’agir, réunissent des personnes confrontées à des difficultés communes. Cette montée en compétence des pairs concerne directement les équipes : le sujet est analysé dans notre dossier sur ce que la HAS prépare en matière de pair-aidance en ESSMS. Les modalités d’accompagnement médico-social plus large sont par ailleurs détaillées dans notre guide complet de l’accompagnement éducatif et social en ESMS, et le rôle du psychologue dans l’accompagnement médico-social.

Perspectives : un maillage territorial à consolider

Le déploiement n’est pas terminé. Si la couverture territoriale progresse, la diversification des publics (autisme, mais aussi personnes cérébrolésées ou vieillissantes) appelle de nouveaux appels à candidatures régionaux dans les prochains mois. Pour les porteurs de projet, l’enjeu est double : respecter le cahier des charges de 2019 — dont les plages d’accueil proposées d’au moins trente-cinq heures hebdomadaire et la cible d’adhérents — tout en préservant l’esprit associatif et autogéré qui fait la singularité du dispositif. Pour les professionnels du secteur, la connaissance fine du réseau GEM local devient un atout pour fluidifier les parcours et lutter contre l’isolement des personnes accompagnées, dans une logique complémentaire de celle décrite dans notre article sur la coordination des aides et accompagnements au domicile.

Mini-FAQ : comprendre et orienter vers un GEM

Faut-il une notification MDPH pour adhérer à un GEM ?
Non. L’adhésion à un GEM ne nécessite pas de reconnaissance administrative du handicap par une décision de la commission des droits et de l’autonomie (CDAPH). C’est précisément ce qui distingue le GEM d’un service ou établissement médico-social : il ne délivre ni soins ni prestations soumis à orientation.
Qui finance les GEM et à quelle hauteur ?
Le financement est public : la CNSA a délégué 72 915 174 euros aux GEM en 2023, l’essentiel transitant par les ARS qui en représentent environ 93 % des ressources. La subvention moyenne s’établit à 95 993 euros par GEM. Le versement est conditionné au respect du cahier des charges fixé par l’arrêté du 27 juin 2019.
Les GEM s’adressent-ils uniquement au handicap psychique ?
Non. Les troubles psychiques restent le premier public (57 % en 2022), mais le dispositif se diversifie : en 2023, 79 départements sur 100 disposent d’au moins un GEM spécialisé pour le public autisme (TSA). Le cahier des charges de 2019 a explicitement étendu le public accueilli.

Sources officielles et références

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