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Organisation & Gouvernance

Contrat de séjour en ESMS : obligations et modèle 2026

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Le contrat de séjour est l’un des sept outils fondamentaux de la loi 2002-2 rénovant l’action sociale et médico-sociale. Obligatoire pour tout séjour supérieur à deux mois, il engage juridiquement l’établissement et protège les droits de la personne accueillie. Depuis le 31 décembre 2025, de nouvelles annexes sur le consentement aux contrôles en espaces privés et au traitement des données personnelles sont exigibles. Tour d’horizon des obligations en vigueur et des pièges à éviter.

Le cadre légal : L.311-4 et décret fondateur de 2004

L’article L.311-4 du Code de l’Action Sociale et des Familles (CASF) impose la conclusion d’un contrat de séjour ou d’un Document Individuel de Prise en Charge (DIPC) pour tout séjour continu ou discontinu supérieur à deux mois. Ce contrat doit être élaboré avec la participation de la personne accueillie ou de son représentant légal — à peine de nullité.

Le décret n° 2004-1274 du 26 novembre 2004 fixe le régime procédural : le contrat doit être établi dès l’admission et signé dans le mois suivant. L’usager dispose d’un droit de rétractation de 15 jours après la signature, pendant lequel il peut revenir sur son engagement sans préavis ni pénalité.

Le contenu obligatoire : ce que le contrat doit mentionner

Un contrat de séjour conforme doit comporter les éléments suivants :

  • L’identité des parties (établissement, usager, représentant légal si applicable)
  • La définition des objectifs et la nature de la prise en charge ou de l’accompagnement
  • La description des conditions d’accueil et de séjour
  • Les prestations d’action sociale, médico-sociale, éducative ou thérapeutique proposées
  • Le coût prévisionnel des prestations (à titre indicatif, non contractuel)
  • Le droit de rétractation (15 jours sans préavis)

Les annexes obligatoires comprennent le règlement de fonctionnement (en référence), les tarifs et conditions de facturation, ainsi que — depuis le 31 décembre 2025 — deux nouvelles cases de consentement explicite :

  • Consentement aux contrôles en espaces privés (OUI/NON, signé)
  • Consentement à la collecte, la conservation et au traitement des données personnelles (OUI/NON, signé)

Ces nouvelles annexes s’appliquent à tous les contrats signés depuis le 1er janvier 2026 et doivent être intégrées aux modèles en vigueur. Elles s’articulent directement avec les obligations du RGPD en ESMS.

Contrat de séjour ou DIPC : quand utiliser lequel ?

CritèreContrat de séjourDIPC
Séjour> 2 mois< 2 mois ou refus de signature
Nature juridiqueBilatéral (signé par les deux parties)Unilatéral (établissement seul)
Droit de rétractationOui, 15 joursNon applicable
ContenuIdentique au DIPCIdentique au contrat

Le DIPC s’applique également quand un usager refuse de signer le contrat de séjour : dans ce cas, le refus doit être formellement acté et l’établissement établit un DIPC unilatéralement. Le Conseil d’État a précisé (arrêt du 5 juillet 2017) que dans les ESMS publics, le contrat de séjour n’a pas valeur strictement contractuelle — les usagers sont en situation réglementaire, ce qui soumet les litiges au droit administratif.

La procédure d’élaboration et de signature

Le calendrier légal est strict et doit être scrupuleusement respecté :

  • Lors de l’admission : établissement du contrat ou du DIPC
  • Dans les 15 jours : remise du contrat à l’usager
  • Dans le mois suivant l’admission : signature du contrat
  • 15 jours après la signature : fin de la période de rétractation sans préavis
  • Dans les 6 mois : élaboration d’un avenant précisant les objectifs spécifiques du projet personnalisé d’accompagnement (PPA)
  • Chaque année : mise à jour du PPA (avec révision du contrat si nécessaire)

La personne de confiance (désignée en application de l’article L.311-5-1 du CASF) peut accompagner l’usager lors de la signature et lors de toutes les étapes d’élaboration du contrat. Sa présence doit être facilitée par l’établissement — ne pas la proposer constitue un manquement aux droits des usagers.

Modifications et avenants : la procédure à respecter

Toute modification des conditions du contrat (prestations, tarifs, objectifs d’accompagnement) nécessite un avenant élaboré selon les mêmes règles que le contrat initial : participation de l’usager, délai de réflexion, signature bilatérale. Une simple lettre informative ne suffit pas.

En pratique, trois situations déclenchent un avenant obligatoire :

  • Révision des tarifs en cours de séjour (hausse ou baisse des prestations incluses)
  • Modification significative du projet d’accompagnement (nouveau secteur d’activité, prestations thérapeutiques ajoutées)
  • Changement de représentant légal ou de personne de confiance

La résiliation : motifs légaux et procédure à respecter

Les motifs légaux de résiliation par l’établissement sont limitativement définis par l’article L.311-4-1 du CASF :

  • Inexécution grave ou répétée des obligations contractuelles par l’usager
  • Manquement grave ou répété au règlement de fonctionnement
  • Cessation totale d’activité de l’établissement
  • État de santé nécessitant des équipements ou soins non disponibles durablement dans l’établissement

La procédure impose l’envoi d’une lettre recommandée avec accusé de réception. Le délai de préavis est celui prévu au contrat, avec un minimum d’un mois. L’usager dispose d’un délai de réflexion de 48 heures après notification avant que la résiliation prenne effet — période pendant laquelle il peut revenir sur sa décision ou l’établissement peut réexaminer la sienne.

L’articulation avec le projet personnalisé d’accompagnement

Le contrat de séjour et le projet personnalisé d’accompagnement (PPA) sont deux documents complémentaires mais de nature différente :

  • Le contrat de séjour est le cadre juridique : il fixe les prestations, les droits, les tarifs et les engagements réciproques des parties
  • Le PPA est le cadre éducatif et clinique : il définit les objectifs d’accompagnement individualisés, les moyens mobilisés et le calendrier de suivi

L’avenant au contrat signé dans les 6 mois post-admission fait le lien entre les deux en précisant les objectifs spécifiques de la personne, issus du PPA. Cette articulation est examinée lors des évaluations HAS comme indicateur de la qualité de l’accompagnement éducatif et social.

Pour les ESMS relevant du secteur du handicap, les données renseignées dans le PPA alimentent également le recueil SERAFIN-PH, qui conditionnera les dotations futures à partir de 2027. La qualité de l’articulation contrat/PPA a donc des implications directes sur le financement. La bonne tenue des contrats est aussi examinée lors des inspections ARS — un contrat sans les nouvelles annexes de consentement constitue une non-conformité susceptible de faire l’objet de prescriptions dans le cadre d’une inspection ARS.

Que se passe-t-il si l’usager refuse de signer le contrat de séjour ?
En cas de refus de signer, l’établissement établit un Document Individuel de Prise en Charge (DIPC) à la place du contrat. Le DIPC a le même contenu mais est établi unilatéralement par l’établissement. Le refus de signature doit être formellement acté et conservé dans le dossier de l’usager.
Faut-il un nouveau contrat de séjour à chaque renouvellement d’autorisation MDPH ?
Non. Le contrat de séjour n’est pas lié aux décisions MDPH mais à la relation entre l’ESMS et la personne accueillie. Un avenant peut être nécessaire si la décision MDPH entraîne une modification des prestations ou de l’orientation, mais le contrat initial n’est pas automatiquement caduque à chaque renouvellement de la décision d’orientation.
Les nouvelles annexes sur le consentement s’appliquent-elles aux contrats déjà signés ?
Les nouvelles exigences s’appliquent aux contrats conclus depuis le 31 décembre 2025. Pour les contrats antérieurs, il est recommandé d’intégrer ces éléments lors du prochain avenant annuel (révision du PPA), sans obligation de refaire signer l’ensemble du contrat.

Sources officielles

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Rédaction SOS Handicap

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