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CHRS et insertion professionnelle des résidents handicapés

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CHRS et insertion professionnelle des résidents handicapés

Dans les Centres d’Hébergement et de Réinsertion Sociale, une réalité statistique s’impose aux équipes : une fraction significative des personnes hébergées est en situation de handicap, et beaucoup souhaitent travailler ou reprendre pied dans l’emploi. Pourtant, les passerelles entre le secteur de l’hébergement social et les dispositifs d’insertion professionnelle adaptés restent insuffisamment mobilisées. Ce guide pratique est à destination des travailleurs sociaux et des cadres de CHRS qui veulent actionner ces leviers.

Ce que disent les chiffres sur l’emploi et le handicap en CHRS

Les données de la DREES sont précises. Début 2021, près de 3 100 centres d’hébergement sont chargés d’accueillir, d’héberger et d’accompagner des adultes et des familles en difficulté sociale, dont 837 CHRS recensés au 31 janvier 2021 et possèdent une capacité totale de 51 900 places. Avec un taux d’occupation global de 90 %, ces centres accueillent 197 000 personnes, témoignant d’une pression permanente sur ces structures.

Sur le plan de l’emploi, la situation en CHRS contraste avec les structures d’accueil pour demandeurs d’asile : En CHRS, 28 % des adultes hébergés ont une activité professionnelle, dont 8 % avec un CDI. C’est nettement au-dessus de la moyenne globale des centres d’hébergement (une petite part des adultes hébergés exerce une activité professionnelle (15 %)). Pour autant, 39 % des adultes hébergés en CHRS sont au chômage, et 31 % perçoivent le RSA.

Côté handicap : 9 % des adultes hébergés en CHRS perçoivent l’allocation aux adultes handicapés (AAH), une proportion supérieure à la moyenne de l’ensemble des centres d’hébergement. Cette proportion plus élevée en CHRS — par rapport aux structures DNA — s’explique par la composition du public : les CHRS accueillent davantage de personnes en difficulté sociale avec un handicap administrativement reconnu ou en voie de l’être, pour qui la reconnaissance administrative (RQTH, AAH) peut ouvrir des droits et des dispositifs spécifiques.

Pour approfondir le cadre général des CHRS, notre article CHRS et handicap : accompagnement des personnes sans domicile décrit les missions légales et l’articulation SIAO/MDPH.

L’insertion par l’activité économique : le premier levier à mobiliser

L’IAE est l’un des dispositifs les mieux adaptés à la situation des personnes hébergées en CHRS. La loi reconnaît explicitement que les personnes sans hébergement ou hébergées ou ayant un parcours de rue constituent un public prioritaire des structures d’insertion, au même titre que les travailleurs handicapés qui remplissent un critère complémentaire d’accès.

Une personne hébergée en CHRS, en situation de handicap, cumule donc deux critères de priorité. C’est un argument fort à faire valoir auprès des structures IAE locales (EI, ETTI, ACI, AI) lors de la recherche de places.

Les modalités contractuelles de l’IAE sont souples : la durée minimale est de 4 mois, renouvelable jusqu’à 24 mois maximum, avec une possibilité de CDI pour les personnes de 57 ans et plus. Pendant le contrat, la personne bénéficie, notamment avant de sortir du dispositif, d’un suivi et d’un accompagnement renforcés. Cette sortie accompagnée est particulièrement importante pour les personnes handicapées, pour qui la transition vers un emploi « ordinaire » peut nécessiter des aménagements.

Les fonds mobilisables pour les structures IAE ont été précisés par la circulaire FIE : le Fonds d’Inclusion dans l’Emploi finance l’IAE à hauteur de 1 289,6 M€ en autorisations d’engagement et 1 297,98 M€ en crédits de paiement pour 2026, avec une priorité affirmée pour les seniors, les personnes handicapées et les bénéficiaires du RSA. Les CHRS qui orientent leurs résidents vers l’IAE contribuent directement à l’atteinte de ces objectifs nationaux et peuvent en faire un argument dans leurs relations avec les DREETS locales.

Pour en savoir plus sur les aides à l’emploi mobilisables, consultez notre article sur les aides AGEFIPH emploi handicap et notre guide sur l’emploi accompagné.

Le dispositif d’emploi accompagné : pour les situations les plus complexes

Quand la personne hébergée a un handicap reconnu et des difficultés d’insertion importantes, le dispositif d’emploi accompagné est souvent la réponse la plus adaptée. Il est conçu pour l’insertion dans le milieu ordinaire : le dispositif vise l’insertion en milieu ordinaire de travail, par une personne morale gestionnaire qui organise le soutien à l’insertion professionnelle et l’accompagnement médico-social du travailleur handicapé.

Il est ouvert dès l’âge de seize ans, sans durée prédéterminée — un accompagnement qui peut donc suivre la personne sur tout son parcours professionnel, y compris après la sortie du CHRS. Cela en fait un outil de continuité précieux : le référent emploi accompagné reste présent même quand la personne n’est plus hébergée.

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