L’Agence régionale de santé Auvergne-Rhône-Alpes et le Département de l’Ain lancent un appel à candidatures pour créer 41 places d’établissement d’accueil médicalisé (EAM) destinées à des adultes présentant un trouble du spectre de l’autisme, dans le secteur de la Plaine de l’Ain. Les candidatures sont attendues au plus tard, le 26 octobre 2026 à 16h00, pour une ouverture de l’établissement au plus tard au premier semestre 2030.
Les faits : 41 places réparties en trois modalités d’accueil
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Selon l’avis d’appel à candidatures publié par l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, ces 41 places se répartissent en 33 places d’hébergement permanent, 3 places d’hébergement temporaire et 5 places d’accueil de jour. Pour l’accueil de jour médicalisé, un critère de proximité territoriale a été fixé : le temps de transport des usagers sera limité à un maximum de 30 minutes aller, afin de garantir un accompagnement de proximité plutôt qu’un éloignement du lieu de vie des familles.
Le plan de financement combine les deux collectivités porteuses. Côté ARS, l’enveloppe est calquée sur un tarif identique quelle que soit la modalité d’accueil : pour les 33 places d’hébergement permanent, 34 146 € / place, soit 1 126 818 € ; pour les 3 places d’hébergement temporaire, 34 146 € / place, soit 102 438 € ; et pour les 5 places d’accueil de jour, 34 146 € / place, soit 170 730 €. Le Département de l’Ain complète ce financement avec des montants différenciés par type de place : 63 000 € par place pour l’hébergement permanent, 42 000 € par place pour l’hébergement temporaire et 19 000 € par place pour l’accueil de jour. Au total, le budget de fonctionnement porté par le Département pour la section hébergement des 41 places s’élèvera à 2 300 000 €.
Cet appel à candidatures s’inscrit dans un double cadre stratégique : le Plan 50 000 solutions porté par l’État, et le Plan Handicap 2024-2029 du Département de l’Ain. Cette double tutelle explique la structure de financement croisé ARS/Département observée sur ce projet, un montage désormais classique pour les créations de places médico-sociales, comme le rappelle notre guide sur les crédits non reconductibles ESMS et la manière de préparer une demande de financement auprès de l’ARS.
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Mise en perspective : un maillon d’un effort national encore incomplet
Cette création régionale s’inscrit dans une dynamique nationale que la CNSA documente depuis plusieurs années. Face au constat que certains adultes autistes connaissent des ruptures de parcours, des séjours prolongés en psychiatrie et des accompagnements inadaptés, la Stratégie nationale autisme au sein des troubles du neurodéveloppement avait notamment prévu la création de 40 unités résidentielles très spécialisées pour adultes autistes (URTSA) sur l’ensemble du territoire national, un dispositif à statut MAS dont chaque unité accompagne au maximum six adultes pour un coût à la place fixé à 232 000 euros par an et par adulte accompagné. L’EAM de l’Ain est un dispositif distinct — plus classique, à capacité et coût par place bien inférieurs — mais répond à la même logique de développement de l’offre spécialisée : la CNSA accompagne les agences régionales de santé dans le déploiement de cette offre sur l’ensemble du territoire.
À l’échelle nationale, le Plan 50 000 solutions, doté d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros déployée entre 2024 et 2030 et mis en œuvre par les agences régionales de santé, avec l’appui de la CNSA, en lien étroit avec les départements, affichait au 1er janvier 2026 près de 17 500 solutions nouvelles déjà opérationnelles sur l’ensemble du territoire. Parmi elles, 3 500 solutions sont déployées au bénéfice de personnes concernées par un trouble du neurodéveloppement — un chiffre qui illustre la part encore modeste de ce public dans le déploiement global du plan, et donc l’enjeu que représente chaque création de places comme celle de l’Ain. Pour resituer ces enjeux dans le cadre clinique, la mise à jour des recommandations HAS pour les ESMS accueillant des personnes autistes et le comparatif des méthodes ABA, TEACCH et PECS éclairent les choix d’accompagnement attendus dans ce type de structure.
Impact concret par profil métier
Pour les directeurs d’ESMS et porteurs de projet : le calendrier est serré mais structurant — le dépôt du dossier avant le 26 octobre 2026 impose de mobiliser dès maintenant une équipe projet capable de répondre au cahier des charges annexé à l’avis d’appel à candidatures, en s’appuyant sur le montage financier croisé ARS/Département déjà documenté dans l’avis. Les porteurs déjà positionnés sur d’autres appels à projets médico-sociaux, comme celui décrit dans notre article sur l’appel à projets Société inclusive lancé par l’ARS en Corse, retrouveront une logique de calendrier et de critères similaire.
Pour les coordinateurs autisme et équipes de repérage : la création de ces 41 places offre une solution d’aval concrète aux situations bloquées faute de place adaptée. Le travail de repérage des adultes autistes non diagnostiqués en ESMS prend ainsi une dimension plus opérationnelle : chaque place nouvellement créée est une issue potentielle pour un parcours actuellement dans l’impasse.
Pour les familles et les MDPH : cette création reste circonscrite au territoire de la Plaine de l’Ain et n’a pas vocation à résorber, à elle seule, les tensions sur l’ensemble du territoire national. Aucune donnée chiffrée agrégée sur les listes d’attente n’a pu être confirmée par une source officielle à ce jour ; ce point mérite d’être suivi dans la durée plutôt qu’anticipé sur la base d’estimations non sourcées.
Perspectives : les échéances à suivre d’ici 2030
Deux échéances structurent la suite du projet : la clôture du dépôt des candidatures le 26 octobre 2026, puis l’ouverture de l’établissement, attendue au plus tard au premier semestre 2030. Entre ces deux dates, les porteurs retenus devront construire leur projet d’établissement en cohérence avec les recommandations de bonne pratique de la HAS sur le trouble du spectre de l’autisme chez l’adulte, dont l’objectif rappelé est d’améliorer la qualité des interventions sanitaires et médico-sociales pour permettre une meilleure inclusion sociale et un parcours de vie cohérent et de qualité. Ce délai de plusieurs années, courant sur ce type de création, rappelle qu’une réponse à un besoin identifié aujourd’hui ne se traduit en solution concrète que plusieurs années plus tard — un décalage que les ESMS candidats doivent intégrer dans leur propre plan de charge et de recrutement.
Mini-FAQ : EAM autisme dans l’Ain
Qui peut candidater à cet appel à candidatures d’EAM dans l’Ain ?
Quelle est la différence entre l’EAM de l’Ain et une URTSA ?
Quand l’établissement ouvrira-t-il ses portes ?
Sources officielles et références
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes — Avis d’appel à candidatures, création de 41 places d’EAM dans l’Ain
- CNSA — Autisme : la CNSA mobilisée aux côtés de la DITND
- handicap.gouv.fr — Plan 50 000 solutions
- HAS — Trouble du spectre de l’autisme : interventions et parcours de vie de l’adulte





