Entreprises Adaptées (EA)

CDD Tremplin en EA : qui accompagne, quelles aides en 2026

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CDD Tremplin en EA : qui accompagne, quelles aides en 2026

Le CDD Tremplin en entreprise adaptée (EA) ne se limite pas à un contrat de travail temporaire : il engage trois acteurs distincts autour du salarié — un conseiller emploi externe, un référent handicap légal quand l’effectif l’impose, et l’accompagnement renforcé assuré par l’EA elle-même — tout en ouvrant droit à des aides financières socle revalorisées en 2026.

Le CDD Tremplin n’est plus un dispositif expérimental. Depuis le 1er janvier 2024, les CDD Tremplin et les entreprises adaptées de travail temporaire (EATT) ont été pérennisés, après une phase de test qui a couru du 5 septembre 2018 au 31 décembre 2022. Cette pérennisation s’appuie sur deux textes publiés le même jour : le décret n° 2024-99 du 10 février 2024 et le décret n° 2024-100 du 10 février 2024. Pour le détail des conditions d’éligibilité et de la durée du contrat lui-même, le CDD Tremplin reste un contrat passerelle vers l’emploi durable, encadré dans sa durée et ses renouvellements.

Le socle légal de l’accompagnement et du financement repose sur l’article L.5213-19-1 du code du travail, entré en vigueur le 1er janvier 2024 et renvoyant à un décret d’application. Ce texte fixe les modalités de détermination, d’attribution et de versement des aides financières de l’Etat mentionnées à l’article L. 5213-19 et les règles de non-cumul, et précise également les modalités des accompagnements mentionnés aux articles L. 5213-13-1 à L. 5213-13-3. Autrement dit, la loi lie explicitement le financement de l’État et l’obligation d’accompagnement du salarié : l’un ne va pas sans l’autre.

Sur le terrain, l’ampleur du dispositif reste concentrée sur un nombre limité de structures habilitées : le dernier arrêté en vigueur fait état de près de 480 Entreprises Adaptées expérimentatrices. Le fil directeur du texte est constant depuis l’origine du dispositif : le CDD Tremplin doit offrir un accompagnement renforcé et individualisé favorisant la réalisation du projet professionnel du salarié, et non un simple contrat court comme un autre. C’est ce cahier des charges qui structure la répartition des rôles décrite plus bas, et qui justifie que le recrutement en entreprise adaptée réponde à des critères BOETH et à une procédure spécifique avant même la signature du contrat.

Qui accompagne réellement le salarié en CDD Tremplin : trois rôles distincts

Contrairement à une idée reçue, il n’existe pas de fonction unique et nommée de « référent » du CDD Tremplin. Les sources officielles consultées décrivent trois figures d’accompagnement séparées, qui interviennent à des moments différents du parcours et ne se recouvrent que partiellement.

1. Le conseiller référent emploi externe, en amont du contrat

L’entrée en CDD Tremplin passe généralement par un prescripteur externe à l’entreprise adaptée. Votre conseiller référent emploi, qu’il relève de France Travail, d’un Cap emploi ou d’une mission locale, peut vous proposer à l’entreprise adaptée. Ce rôle est donc celui d’un aiguilleur en amont : il identifie le candidat, valide son orientation vers ce type de contrat, et reste un point de contact tout au long du parcours pour les démarches administratives liées au statut de travailleur handicapé.

Le code du travail prévoit une fonction distincte, plus large que le seul CDD Tremplin : le code du travail institue un référent chargé d’orienter, d’informer et d’accompagner les personnes en situation de handicap dans toute entreprise employant au moins 250 salariés. Dans toute entreprise employant au moins deux cent cinquante salariés, est désigné un référent chargé d’orienter, d’informer et d’accompagner les personnes en situation de handicap. Cette obligation est ancienne : les référents handicap sont généralisés dans toutes les entreprises employant au moins deux cent cinquante salariés depuis la loi du 22 mai 2019. Concrètement, ce seuil d’effectif n’est pas atteint par toutes les entreprises adaptées : ce rôle reste donc générique à l’emploi des travailleurs handicapés en général, et n’est pas garanti dans chaque EA employant un salarié en CDD Tremplin.

3. L’accompagnement renforcé assuré en interne par l’EA

Le troisième niveau, le plus déterminant au quotidien, est l’accompagnement que l’entreprise adaptée organise elle-même pendant le contrat. Les textes institutionnels sont explicites sur ce point : l’accompagnement renforcé est le dispositif distinctif des transitions professionnelles CDD Tremplin et EATT. Sur le terrain, cela se traduit par un accompagnement individualisé et renforcé pour mettre en œuvre le projet professionnel du salarié et le former selon ses besoins. Aucune source primaire consultée ne donne d’intitulé de poste précis à cette fonction interne — ni « référent inclusion », ni tout autre libellé unifié : elle relève d’un cahier des charges d’accompagnement, pas d’une fiche de poste normée. C’est concrètement à ce niveau qu’intervient le tutorat en entreprise adaptée, dont le rôle et les bonnes pratiques structurent l’accompagnement quotidien du salarié.

Ce triple dispositif n’est pas figé une fois pour toutes : l’instruction ministérielle récente rappelle une exigence transversale. L’instruction DGEFP/METH/2025/31 du 21 mars 2025 encadre ce cadre d’intervention, et pose un principe central : l’avis du travailleur handicapé doit être sollicité tout au long de son parcours individualisé mis en place afin de développer ses capacités de choix. Le salarié n’est donc pas un simple bénéficiaire passif de ces trois accompagnements : son avis conditionne les ajustements du parcours.

Impact concret par profil métier

Pour le directeur d’entreprise adaptée, la première vigilance porte sur la cohérence entre les trois niveaux d’accompagnement décrits ci-dessus. Il doit s’assurer que l’articulation avec le conseiller référent emploi externe est formalisée dès l’entrée du salarié, que le seuil des 250 salariés est correctement évalué pour déterminer si un référent handicap légal doit être désigné, et que l’accompagnement renforcé interne dispose des moyens humains nécessaires — ce qui suppose souvent d’anticiper le volet budgétaire détaillé plus bas via les montants 2026 de l’aide au poste en entreprise adaptée, qui conditionnent la capacité de la structure à financer ce suivi.

Pour le chargé d’insertion ou le référent handicap (quand il existe dans la structure), le rôle concret consiste à documenter le parcours individualisé du salarié, à recueillir son avis à chaque étape conformément à l’instruction DGEFP/METH/2025/31, et à assurer la liaison avec le conseiller référent emploi externe pour les démarches administratives. Ce professionnel est aussi l’interlocuteur naturel pour mobiliser les aides à l’accompagnement décrites en section suivante, notamment celles qui financent le tutorat.

Pour le conseiller Cap emploi, France Travail ou mission locale, l’action concrète se situe surtout en amont et en veille : proposer le candidat à l’entreprise adaptée quand le profil correspond, puis rester disponible pendant le contrat pour les points de suivi socioprofessionnel qui dépassent le périmètre de l’EA (logement, mobilité, démarches administratives liées à la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé). Ce rôle de prescripteur externe reste distinct de l’accompagnement quotidien interne à l’entreprise adaptée, ce qui explique pourquoi les deux fonctions ne doivent pas être confondues dans l’organisation du suivi.

Mise en œuvre : mobiliser les aides AGEFIPH et État en 2026

Le financement du CDD Tremplin repose sur une aide socle de l’État, revalorisée par un arrêté récent. L’arrêté du 13 avril 2026 fixe le montant annuel de l’aide socle par poste de travail occupé à temps plein pour le CDD Tremplin : le montant annuel de l’aide socle par poste de travail occupé à temps plein du contrat à durée déterminée prévue au II de l’article R. 5213-76 du code du travail est fixé à 12 600 euros, avec un montant spécifique à Mayotte, où il est fixé à 9 775 euros. Ces nouveaux montants s’appliquent à compter du 1er janvier 2026, le montant annuel de l’aide socle précité.

Un montant distinct est prévu pour l’EATT : le montant annuel de l’aide socle par poste de travail occupé à temps plein prévue à l’article R. 5213-86-5 du code du travail est fixé à 5 355 euros, réduit à Mayotte, où il est fixé à 4 154 euros. Ces deux aides socle s’inscrivent dans une enveloppe nationale globale : le budget dédié aux aides aux postes s’élève à 471,9 M€ en autorisations d’engagement et 473,62 M€ en crédits de paiement pour 2026, et ce budget préserve les emplois de transition — contrat à durée déterminée tremplin, mise à disposition, entreprises adaptées de travail temporaire (EATT), emploi pénitentiaire. Pour une vue d’ensemble des montants d’aide au poste hors CDD Tremplin, les montants 2026 de l’aide au poste en entreprise adaptée détaillent l’ensemble du budget applicable aux postes permanents.

Au-delà de l’aide socle, une aide complémentaire mobilisable spécifiquement pour financer l’accompagnement humain provient de l’AGEFIPH. L’aide à l’accueil et à l’intégration de l’Agefiph est plafonnée à un montant maximum et cible explicitement l’accompagnement individualisé : d’un montant maximum de 3 000 euros, elle finance notamment l’accompagnement individualisé (tutorat, coaching, temps d’encadrement dédié), un programme de formation du collectif de travail au handicap. Elle est ouverte à tout employeur d’une personne handicapée en CDI ou CDD de six mois et plus, dont la durée de travail est au moins égale à 24 heures par semaine — une condition de durée qui couvre la plupart des CDD Tremplin signés à temps plein ou à temps partiel significatif. Cette aide s’articule directement avec les aides Agefiph mobilisables pour sécuriser l’insertion des travailleurs handicapés de façon plus générale, et complète le dispositif d’aides au maintien décrit dans le mode d’emploi 2026 des aides Agefiph au maintien dans l’emploi, pertinent une fois le CDD Tremplin arrivé à son terme.

Concrètement, la démarche à suivre pour un directeur ou un chargé d’insertion consiste à instruire en parallèle deux dossiers : la demande d’aide socle État, rattachée à la déclaration du poste en CDD Tremplin auprès des services compétents, et la demande d’aide Agefiph accueil-intégration, à déposer dès la prise de poste effective du salarié pour couvrir les frais de tutorat et d’encadrement dédié. Les deux aides ne portent pas sur le même objet — l’une finance le poste, l’autre finance l’accompagnement humain — et ne sont donc pas soumises à la même règle de non-cumul que celle évoquée plus haut pour les seules aides de l’État entre elles.

Perspectives

La pérennisation du CDD Tremplin, actée depuis 2024, place désormais l’enjeu sur la solidité de l’accompagnement plutôt que sur la simple survie du dispositif. Le maintien d’un budget national dédié aux emplois de transition en 2026 confirme que l’État continue de sécuriser financièrement ce sas vers l’emploi, mais la répartition des rôles entre conseiller externe, référent handicap légal et accompagnement interne reste, dans les textes disponibles, décrite au cas par cas plutôt que centralisée sous une fonction unique. Pour les entreprises adaptées, l’enjeu de pilotage à venir est moins de créer un nouveau poste que de formaliser, documenter et articuler ces trois niveaux d’accompagnement déjà prévus par les textes — un travail d’organisation interne qui conditionne la qualité du parcours individualisé du salarié bien plus qu’un simple intitulé de fonction.

Mini-FAQ : accompagnement et financement du CDD Tremplin en EA

Existe-t-il un « référent inclusion » unique pour le CDD Tremplin ?
Non. Les sources officielles décrivent trois rôles distincts et non fusionnés : le conseiller référent emploi externe (France Travail, Cap emploi, mission locale), le référent handicap légal chargé d’orienter, d’informer et d’accompagner les personnes en situation de handicap dans les entreprises d’au moins 250 salariés, et l’accompagnement renforcé assuré en interne par l’entreprise adaptée elle-même. Aucun intitulé de poste unifié n’est employé dans les textes consultés.
Quel est le montant de l’aide socle État pour un CDD Tremplin en 2026 ?
Le montant annuel de l’aide socle par poste de travail occupé à temps plein est fixé à 12 600 euros, contre 5 355 euros pour un poste en EATT, avec des montants réduits à Mayotte, fixé à 9 775 euros pour le CDD Tremplin et fixé à 4 154 euros pour l’EATT. Ces montants s’appliquent à compter du 1er janvier 2026.
L’aide Agefiph peut-elle financer le tutorat pendant un CDD Tremplin ?
Oui. L’aide Agefiph à l’accueil et à l’intégration, d’un montant maximum de 3 000 euros, finance notamment l’accompagnement individualisé (tutorat, coaching, temps d’encadrement dédié), dès lors que le contrat respecte la condition de durée d’au moins six mois et 24 heures hebdomadaires.

Sources officielles

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