AEEH 2026 montants compléments MDPH
Prestations (PCH, AAH, AEEH)

AEEH 2026 : montants, 6 compléments et démarches MDPH

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L’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) bénéficie à 517 000 enfants en France. Au 1er avril 2026, la revalorisation de +0,9 % porte la base mensuelle à 153,17 €, auxquels s’ajoutent jusqu’à six compléments atteignant 1 288 € selon le niveau de dépenses et la réduction d’activité parentale. Ce guide détaille les montants, les conditions d’éligibilité, le circuit d’instruction MDPH et les arbitrages AEEH/PCH que les professionnels accompagnent au quotidien.

L’AEEH en bref : qui peut en bénéficier ?

L’AEEH est une prestation familiale versée par la CAF ou la MSA, sans condition de ressources. Elle vise à compenser les charges liées au handicap ou à la maladie invalidante d’un enfant à charge. Trois conditions cumulatives doivent être réunies :

  • Âge : l’enfant doit avoir moins de 20 ans. Au-delà, le jeune peut basculer vers l’allocation aux adultes handicapés (AAH) si les conditions sont remplies.
  • Taux d’incapacité permanente : ≥ 80 % reconnu par la CDAPH. Un taux entre 50 et 79 % peut ouvrir le droit si la CDAPH constate que l’état du jeune nécessite un accompagnement régulier de soins ou d’éducation spécialisée.
  • Résidence : en France métropolitaine ou dans un DOM. L’enfant doit être à charge effective et permanente du foyer.

Pour les enfants de 16 ans et plus qui exercent une activité rémunérée, un plafond de revenus s’applique : leurs ressources ne doivent pas dépasser 55 % du SMIC annuel brut. En dessous de 16 ans, aucun plafond de ressources n’est exigé pour l’enfant lui-même, ni pour les parents.

Les professionnels des services d’accompagnement éducatif et social (SESSAD, CAMSP, CMPP) sont souvent les premiers à orienter les familles vers le dossier MDPH. Une connaissance précise des seuils d’éligibilité évite les dépôts de dossiers voués à l’échec et permet de préparer un argumentaire solide pour la CDAPH.

Montants 2026 : base et 6 compléments

La revalorisation du 1er avril 2026 (+0,9 %) aligne l’AEEH sur l’inflation mesurée par l’INSEE. Le tableau ci-dessous récapitule l’ensemble des montants en vigueur :

AllocationMontant mensuel (1er avril 2026)Conditions principales
Base AEEH153,17 €Taux ≥ 80 % (ou 50-79 % + accompagnement CDAPH)
Complément cat. 1113,55 €Dépenses mensuelles < 261 € et réduction d’activité < 50 %
Complément cat. 2308,34 €Dépenses ≥ 261 € OU réduction d’activité ≥ 50 % — le plus fréquent (48 % des compléments)
Complément cat. 3436,42 €Dépenses ≥ 427 € OU réduction d’activité ≥ 50 % + dépenses ≥ 261 €
Complément cat. 4676,31 €Recours à tierce personne < 8 h/sem. OU dépenses ≥ 681 €
Complément cat. 5864,35 €Recours à tierce personne ≥ 8 h/sem. et < 20 h/sem.
Complément cat. 61 288,13 €Cessation ou réduction importante d’activité + recours à tierce personne ≥ 20 h/sem.
Majoration parent isolé (cat. 6)+ 507,58 €Parent isolé avec complément cat. 6 — total : ~1 441 €/mois

Quelques exemples concrets selon le profil de l’enfant :

  • TDAH sévère avec suivi orthophonique et psychologique : dépenses mensuelles souvent autour de 300-400 €, taux d’incapacité reconnu à 80 %. Catégorie 2 ou 3 selon le détail du plan de soins, soit 308 à 436 € de complément en plus de la base.
  • Autisme de niveau 3 (sévère) : présence d’une tierce personne quasi permanente, cessation d’activité d’un parent. Catégorie 6 quasi systématique, soit 1 288 € de complément + 153 € de base = 1 441 €/mois pour un parent isolé.
  • Polyhandicap avec hospitalisation récurrente : frais de transport, matériel spécialisé, aide humaine. Catégories 4 à 6 les plus fréquentes dans ce profil.

Le complément de catégorie 2 reste le plus attribué (48 % des cas selon la CNSA), car il correspond aux situations où les dépenses dépassent le seuil de 261 € ou impliquent une réduction d’activité significative d’un parent, sans nécessiter de présence permanente d’une tierce personne.

Démarches MDPH : constituer un dossier solide

La demande d’AEEH s’effectue auprès de la MDPH du département de résidence de l’enfant. Deux formulaires sont obligatoires :

  • Cerfa 15692*01 — Formulaire de demande unique auprès de la MDPH (toutes prestations confondues).
  • Cerfa 15695*01 — Certificat médical, à remplir par le médecin qui suit l’enfant (pédiatre, neuropédiatre, médecin référent). Ce document est central : il décrit la nature du handicap, les déficiences, les soins requis et leur fréquence.

Pièces justificatives à joindre : justificatif d’identité et de domicile des parents, justificatif de résidence en France, justificatif de situation familiale, comptes rendus médicaux récents et bilans spécialisés, justificatifs de dépenses liées au handicap si un complément est sollicité, attestation de l’employeur ou justificatif de réduction d’activité du parent si catégorie 2 à 6 est visée.

Le dossier est déposé par courrier recommandé ou en main propre à la MDPH. Le délai légal d’instruction est de 4 mois à compter de la réception du dossier complet. Passé ce délai, le silence de la MDPH vaut décision de rejet implicite, ouvrant un droit à recours.

Nouveauté avril 2026 — Continuité des droits : si le dossier de renouvellement est déposé au moins 4 mois avant la date d’échéance de la décision en cours, l’AEEH continue d’être versée sans interruption jusqu’à la nouvelle décision de la CDAPH. Cette mesure met fin aux ruptures de versement qui pénalisaient les familles en cas d’instruction longue.

Un conseil pratique pour les professionnels qui accompagnent les familles : aider à anticiper la date d’échéance de la décision et mettre un rappel à J-5 mois pour déclencher le renouvellement. Le projet personnalisé d’accompagnement peut utilement mentionner cette échéance dans ses objectifs de coordination.

Circuit d’instruction : de l’EPE à la CDAPH

Une fois le dossier reçu et déclaré complet, la MDPH enclenche un circuit d’instruction en trois temps :

  1. Équipe pluridisciplinaire d’évaluation (EPE) : composée de médecins, ergothérapeutes, travailleurs sociaux et psychologues, l’EPE examine le dossier et peut convoquer l’enfant et ses parents pour une évaluation. Elle évalue le taux d’incapacité, les besoins en aide humaine et les dépenses liées au handicap, puis élabore un Plan Personnalisé de Compensation (PPC).
  2. Plan personnalisé de compensation (PPC) : document synthétique qui formule les propositions d’aide et de prestations. La famille est consultée et peut émettre des observations avant transmission à la CDAPH.
  3. Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH) : instance décisionnaire. Elle statue sur l’attribution de l’AEEH, son montant (catégorie de complément), et la durée de la décision. Les durées sont désormais harmonisées avec les cycles scolaires (réforme avril 2026), afin d’éviter les renouvellements en cours d’année scolaire.

L’EPE évalue principalement trois paramètres : (1) le montant des dépenses mensuelles liées au handicap, (2) le pourcentage de réduction d’activité professionnelle d’un parent, et (3) le recours à une tierce personne rémunérée (en heures hebdomadaires). La combinaison de ces trois facteurs détermine la catégorie du complément.

En cas de désaccord avec la décision de la CDAPH, la famille dispose d’un recours amiable préalable obligatoire (RAPO) auprès de la MDPH dans un délai de 2 mois, puis d’un recours contentieux devant le tribunal judiciaire (pôle social) si le RAPO n’aboutit pas. Les professionnels des dispositifs d’inclusion scolaire (ULIS, PIAL) rencontrent fréquemment des situations où un RAPO permet d’obtenir une réévaluation du taux d’incapacité ou un passage à une catégorie supérieure.

AEEH ou PCH : le droit d’option en pratique

Pour les enfants dont le handicap génère des besoins de compensation importants, un arbitrage s’impose entre l’AEEH et ses compléments d’un côté, et la prestation de compensation du handicap (PCH) de l’autre. Les deux prestations sont en principe exclusives l’une de l’autre, à une exception près : le volet aide au logement, aide au véhicule ou surcoût lié aux transports de la PCH peut se cumuler avec l’AEEH de base.

CritèreAEEH + complémentPCH enfant
VersementMensuel, automatique via CAF/MSAMensuel ou ponctuel selon les volets
Montant maximum~1 441 €/mois (cat. 6 + majoration)Variable selon besoins évalués (aide humaine jusqu’à 4 000 €/mois)
Aide humaineIndirecte (complément selon heures de tierce personne)Directe (financement de l’aide humaine)
Cumul avec AAH parentsOui, l’AEEH ne réduit pas l’AAH des parentsOui, dans les mêmes conditions
Avantage principalSimplicité, automaticité du versementFinancement direct des aides, plus adapté aux besoins très importants

La CDAPH informe la famille des deux options possibles et lui laisse 15 jours pour choisir. Ce délai court à compter de la notification de la décision. Passé ce délai sans réponse, la décision AEEH prend effet par défaut.

Nouveauté des durées harmonisées (avril 2026) : les décisions AEEH sont désormais calées sur les cycles scolaires (cycles 1, 2, 3 et lycée), ce qui évite les renouvellements en milieu d’année et facilite la coordination avec les équipes de suivi de scolarisation (ESS). Pour les professionnels accompagnant des enfants en inclusion scolaire, cette harmonisation simplifie la gestion des notifications et des projets personnalisés de scolarisation.

Sources officielles

Peut-on cumuler l’AEEH avec l’AAH ?
L’AEEH est une prestation familiale distincte de la RQTH et de l’AAH. L’AEEH versée pour un enfant handicapé peut être perçue en même temps que l’AAH d’un parent handicapé : ces deux allocations ne se neutralisent pas. Pour en savoir plus, consultez notre guide complet sur l’AAH 2026.
Que se passe-t-il si l’enfant entre en établissement médico-social (IME, MAS) ?
En cas d’hébergement permanent financé à plus de 90 % par l’Assurance maladie, l’AEEH et ses compléments sont suspendus après le 31e jour de prise en charge. En dessous de ce seuil, l’AEEH est maintenue. La situation doit être vérifiée au cas par cas avec la CAF et la MDPH.
Comment contester une décision de catégorie de complément trop basse ?
La famille dispose d’un recours amiable préalable obligatoire (RAPO) à adresser à la MDPH dans un délai de 2 mois suivant la notification. Le RAPO doit être motivé avec des pièces complémentaires (factures actualisées, nouvelles attestations médicales). Si le RAPO n’aboutit pas, le recours contentieux est possible devant le tribunal judiciaire (pôle social) dans les 2 mois suivants.
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Rédaction SOS Handicap

Média et support de référence professionnelle du secteur du handicap en France. Contenus experts rédigés et vérifiés par des professionnels du médico-social.

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