URRH 2026 : le référent handicap face à ses nouveaux défis
Emploi & OETH

URRH 2026 : le référent handicap face à ses nouveaux défis

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Les 26 et 27 mars 2026, Orléans accueille la 7e édition de l’Université du Réseau des Référents Handicap (URRH), organisée par l’Agefiph. Sous le thème « Référents handicap : défis acceptés ! », quelque 1 000 professionnels se réunissent en présentiel et 5 000 à distance pour deux jours de montée en compétences. Un rendez-vous qui s’impose d’autant plus que la fonction de référent handicap traverse une période de transformation profonde : nouveaux enjeux OETH, montée de l’IA, santé mentale et accessibilité numérique redessinent les contours du métier.

Les référents handicap doivent aussi connaître les nouvelles préconisations de la HAS sur l’autisme.

La 7e édition de l’URRH : un format hybride inédit

Pour cette édition 2026 — dont le 27 mars coïncide avec la Journée nationale du référent handicap — l’Agefiph a conçu un programme de 89 événements : 25 ateliers, 22 webinaires, 11 tables rondes, 6 conférences plénières, 8 sessions « En direct avec » et 4 talks de 15 minutes. L’ensemble est accessible gratuitement, en présentiel au Palais des Congrès d’Orléans ou en distanciel via YouTube, LinkedIn et le site officiel agefiph-universite-rrh.fr.

Trois conférences plénières structurent le programme :

  • « Le travail, c’est la santé ? » (26 mars, 10h45) — santé mentale et maintien en emploi ;
  • « Partenariats : osons l’innovation » (26 mars, 14h30) — coopérations EA, ESAT, TIH ;
  • « Faites de l’IA votre allié » (27 mars, 11h00) — intelligence artificielle et compensation du handicap.

Une conférence spéciale est dédiée aux organismes de formation (26 mars, 9h-11h), réunissant la DGEFP, des ARS régionales, France Travail, l’Agefiph et le FIPHFP sur l’accessibilité durable des formations professionnelles. Quarante exposants investissent l’espace Inspir’action avec des outils de sensibilisation, solutions de compensation et offres de recrutement inclusif.

Qui est le référent handicap et quelles sont ses obligations légales ?

Créée par la loi n° 2018-771 du 5 septembre 2018 (article 69, codifié à l’article L. 5213-6-1 du Code du travail), l’obligation de désigner un référent handicap s’impose à toute entreprise d’au moins 250 salariés. Sa mission est définie en trois verbes : orienter, informer et accompagner les personnes en situation de handicap.

En pratique, l’Agefiph décline cette mission en cinq axes :

  1. Accompagner les salariés dans leurs démarches RQTH, demandes d’aménagement de poste et parcours de maintien en emploi ;
  2. Veiller à l’atteinte du taux d’emploi OETH de 6 % requis par la loi ;
  3. Animer la communication interne : SEEPH, DuoDay, ateliers de sensibilisation ;
  4. Piloter les partenariats avec Cap emploi, les EA, les ESAT et les travailleurs indépendants handicapés (TIH) ;
  5. Contribuer à la politique RH inclusive et à l’élaboration du plan d’action pluriannuel.

Dans les établissements médico-sociaux, la fonction se double d’une dimension spécifique : le référent accompagne à la fois les salariés professionnels (éducateurs, soignants, administratifs) et, dans les ESAT et EA, les travailleurs handicapés eux-mêmes — ce qui exige une maîtrise fine des dispositifs de l’obligation d’emploi et de la réglementation ESAT.

OETH 2025 : nouvelles règles, nouvelles responsabilités pour le référent

Depuis le 1er janvier 2025, le cadre de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés a été profondément réformé. Deux changements majeurs redéfinissent le rôle du référent :

Fin de l’écrêtement : la contribution à l’Agefiph n’est plus plafonnée. Une entreprise qui n’atteint pas son quota de 6 % de BOETH peut désormais payer jusqu’à 1 500 fois le SMIC horaire par bénéficiaire manquant, sans limite. La pression financière sur les employeurs s’intensifie, ce qui renforce mécaniquement l’importance stratégique du référent handicap.

Réduction des déductions autorisées : depuis le 1er janvier 2025, trois types de dépenses permettent de minorer la contribution — les diagnostics et travaux d’accessibilité allant au-delà des obligations légales, le maintien en emploi et les aménagements humains ou techniques, l’accompagnement et la formation des salariés. Les participations à des événements de promotion ou les partenariats associatifs ne sont plus déductibles. Le référent doit donc recentrer les budgets sur des actions à impact direct.

Le tableau de bord Agefiph 2024 montre que le chemin reste long : le taux de chômage des personnes handicapées s’établit à 12 %, soit le double du taux général (7 %), et 515 000 demandeurs d’emploi handicapés restent sans poste. Seuls 32 % d’entre eux accèdent à l’emploi dans les 6 mois suivant leur inscription, contre 53 % pour l’ensemble des demandeurs.

IA et accessibilité numérique : un nouveau territoire pour le référent

La conférence plénière du 27 mars sur l’IA illustre une tendance de fond : les technologies d’intelligence artificielle constituent à la fois une opportunité et un risque pour les travailleurs handicapés. Du côté des opportunités, les outils de transcription automatique, de synthèse vocale, de reconnaissance d’images et d’assistance à la rédaction peuvent transformer les conditions de travail des personnes avec troubles sensoriels, cognitifs ou moteurs. Du côté des risques, des algorithmes de recrutement biaisés ou des interfaces non conformes au RGAA peuvent creuser les inégalités.

Le secteur numérique reste le plus en retard sur l’inclusion : seuls 1,2 % de ses effectifs sont des travailleurs handicapés, alors que la loi en exige 6 %. L’Agefiph soutient des projets pionniers comme C.I.A.R.A, combinant formation IA et réalité augmentée pour des personnes handicapées. En 2026, la mise à jour du RGAA vers une version 5 intégrant les WCAG 2.2 est attendue — une évolution qui concernera directement les référents chargés de l’accessibilité numérique interne.

Santé mentale : un défi croissant pour les référents du médico-social

La conférence d’ouverture « Le travail, c’est la santé ? » et la session avec l’experte Philippa Motte témoignent de la place que prend la santé mentale dans l’agenda des référents. Les troubles psychologiques représentent désormais la 2e cause d’arrêt de travail (16 % des arrêts), devant les TMS, et 44 % des salariés déclarent une détresse psychologique élevée selon le baromètre Qualisocial-Ipsos 2024.

Pour les professionnels du secteur médico-social, déjà fragilisé par une crise d’attractivité structurelle, l’enjeu est double : accompagner les collègues salariés en situation de handicap psychique, et prévenir les risques psychosociaux susceptibles de générer de nouveaux handicaps au sein des équipes. L’INRS et l’ANACT proposent des outils gratuits pour les référents : guides managers, boîtes à outils RPS, protocoles de prévention.

Le FIPHFP à l’URRH : 4 ateliers pour la fonction publique et le médico-social public

Pour cette édition 2026, le FIPHFP anime 4 ateliers ouverts aux employeurs publics et privés. Deux sont particulièrement pertinents pour le médico-social public (EHPAD, IME, MAS gérés par des associations ou des collectivités) :

  • « Et si le handicap était une compétence : la pair-aidance » (26 mars, 10h45, présentiel) — l’expérience du handicap comme levier de compétences professionnelles ;
  • « L’autodiagnostic Emploi & Handicap » (27 mars, 14h30, présentiel) — outil gratuit et anonyme permettant d’évaluer sa politique handicap et de se comparer aux autres employeurs.

La convergence entre le FIPHFP et l’Agefiph à l’URRH 2026 traduit une tendance de fond : les enjeux d’inclusion traversent désormais sans distinction la frontière entre secteur privé et fonction publique, y compris dans les établissements médico-sociaux à statut hybride.

Ce que les professionnels du médico-social doivent retenir

Pour les directeurs, DRH et responsables RH des ESMS, ESAT et EA, l’URRH 2026 est l’occasion de se former gratuitement sur les dernières évolutions de l’OETH (inscription sur agefiph-universite-rrh.fr), de découvrir les outils de financement des aménagements de poste et d’identifier des partenaires EA/ESAT/TIH pour atteindre le quota de 6 % BOETH.

Pour les établissements n’ayant pas encore nommé de référent handicap, rappelons que l’obligation légale s’applique dès 250 salariés. En dessous de ce seuil, la désignation reste volontaire mais est fortement recommandée — l’Agefiph accompagne gratuitement les démarches via ses délégations régionales. Pour aller plus loin sur l’inclusion en milieu ordinaire et les partenariats avec les Entreprises Adaptées, les guides complets de SOS Handicap constituent une ressource de référence.

Sources officielles

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Rédaction SOS Handicap

Média et support de référence professionnelle du secteur du handicap en France. Contenus experts rédigés et vérifiés par des professionnels du médico-social.

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